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Voter de partout et de nul part est un droit ! avril 30 2008

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   Voilà plus d’une année que la nation mauritanienne vibre au son de la DEMOCRATIE…, il parait ? En tout cas ca et là des signes apparaissent dans le paysage politique montrant que cette démocratie théorique ne se traduit pas obligatoirement en pratique, bref le chemin est encore loin raison pour laquelle ci-dessus démocratie est mise en majuscule. 

Partant du postulat que la démocratie est bien réelle dans notre pays et qu’elle se traduit par le vote des citoyens il serait utile de souligner qu’il existe un bon morceau de  Mauritaniens qui ne vote guerre. Non pas qu’ils ne votent pas pour cause d’abstention mais tout simplement qu’ils ne peuvent pas voter ! Ces mauritaniens sont-ils des mauritaniens de seconde classe ou des mauritaniens pas assez mauritaniens ? 

Dans un monde mondialisé qui chaque jour s’apparente à un gros bourg il est incompréhensible que des ressortissants d’un pays vivants à l’étranger ne puissent guerre participer à la démocratie de leur nation alors qu’économiquement leur apport est lourd dans la balance commerciale. Ce pan entier de la Mauritanie qui d’une façon ou d’une autre fait aussi tourner cette Mauritanie doit recevoir en retour le droit de vote. La démocratie comme disait Sartre ne fait pas de différence. 

La Mauritanie a presque partout des ambassades, des Consulats et que sais-je encore. Ces représentations qui ne servent à rien, qui n’ont aucune activité sinon d’être des gouffres financiers doivent être utiliser pour permettre aux mauritaniens de l’étranger de pouvoir apporter leur voix à l’évolution de leur pays. La Mauritanie n’est pas un pays fermé pour ne pas permettre à ses enfants de voter. La preuve est que c’est de l’étranger que nous arrive l’actuel président et c’est à l’étranger que vit l’ancien président ! Il paraitrait même que le chef de l’opposition est uni à la vie et à la mort à une étrangère. Pourquoi pas le mauritanien ne peut guerre voter s’il est à l’étranger ?  

Le vote des mauritaniens basés à l’étranger doit vraiment intervenir pour encore crédibilisé la démocratie mauritanienne qui a eu le culot et l’audace d’offrir aux mauritaniens et au monde un débat télévisé entre les deux tours de l’élection présidentielle ! Une exception dans ces terres d’Afrique réfractaires. Des nations beaucoup moins démocrates offrent la possibilité de vote à leur citoyen, pourquoi pas la Mauritanie. Le vote des expatriés n’est en rien semblable à la reconnaissance de la double nationalité, comme le laisse entre souvent certains. Le vote des expatriés est un acte citoyen alors que avoir la double nationalité c’est être un ou une prostitué(e).  

Montesquieu

Sidi Ould Cheikh Abdallahi:”Maaouiya me semble trés simple, trés correct, trés ouvert… avril 29 2008

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  Comment expliquez-vous que vous n’ayez pas senti venir, formellement, le putsch ? Et comment l’avez-vous vécu ?

Acceptez-vos l’argumentation du Président qui est de dire : je me laisse tomber et les militaires feront mieux la guerre, puisque je suis un prétexte pour qu’ils ne la fassent pas… Moi, je n’ai pas senti les choses comme ça. Je sentais que cela n’allait pas, et qu’il y avait un certain nombre de choses qui ne tournaient pas comme je le souhaitais. Dans ce genre de situation, ce n’est pas le moment de penser trop à soi …

Je ne vous cache pas qu’il m’ait arrivé en un moment donné l’idée de quitter le gouvernement, que je serais content si je pouvais partir de tout cela. Mais aussitôt après, je me suis dit : quand même ! On ne fait pas ça. J’en ai même parlé avec Ahmed Ould Mohamed Salah. Cela devait être en 1978. Quelques mois avant le coup. Et Ahmed Ould Mohamed Salah avait été un peu rétrogradé à l’époque.

Oui. Moi-même, j’ai été rétrogradé, dans une certaine mesure, au mois de janvier. La signification que je lui accorde est limitée. Le Président découvre qu’il y a d’autres compatriotes, qui semblent avoir été laissés un peu dehors, et il éprouve le besoin de les rapprocher pour leur dire: je n’ai absolument rien contre vous ! Venez ! Et si vous pouvez apporter quelque chose, apportez-le !

Et les militaires, vous leur parliez au cours de cette époque ?

Non … je pense que c’est une affaire de promotionnaires. Nous n’avions pas de relations entre civils et militaires. Les militaires étaient très civils, c’est-à-dire qu’en dehors de sa caserne, l’officier était un civil, un citoyen ordinaire. Et alors il se retrouvait avec son milieu. Les promotionnaires, par exemple Rajel (feu Ishagh Ould Rajel, NDLR) dont vous m’avez parlé, le directeur des Mines, était très grand ami d’Haïdalla… Moi, comme j’étais d’une génération qui venait avant les militaires, je n’avais pas de contact avec eux, je ne parlais pas avec eux.

Travailler avec Ould Taya

Changeons complètement d’ambiance. Comment arrivez-vous à travailler avec les militaires, mais après un assez long temps d’observation : entre 1978 et 1986, vous ne prenez pas de service.

C’est très simple. Je suis parti. J’étais conseiller au Fonds koweitien de développement, à Koweït de 1982 jusqu’au moment où Maaouya m’a appelé. Alors quand il m’a appelé, c’était un jeudi… j’ai demandé qu’on me donne un délai jusqu’à samedi pour réfléchir. J’aurais voulu avoir les avis d’un certain nombre de personnes qui comptent pour moi, mais c’était très difficile les communications, il n’y avait pas le téléphone comme maintenant. Et du Koweït, on n’arrivait pas à communiquer avec la Mauritanie.

Alors, comment vous a-t-on appelé ?

J’étais à la cuisine, parce que chez les Orientaux, dans leur maison, ils font de très grandes cuisines et quand ils n’ont pas d’hôtes, la mère de maison préfère avoir sa famille autour d’elle et ses casseroles pas très loin, une table où l’on mange. On était là-bas, un jeudi, il y avait les enfants… et c’est Louleid qui m’a appelé pour me dire que le Président souhaite que j’accepte un poste dans son gouvernement, dont d’ailleurs le secrétaire général est votre ami Baro Abdoulaye, dira-t-il. Le Président voudrait vous proposer le ministère de l’Hydraulique et de l’Energie. –Il faut que je réfléchisse– Maintenant que tout le monde est nommé, c’est bloqué à cause de vous.

Alors, entre jeudi et samedi, j’ai réfléchi. Quand il y a eu le coup d’Etat (celui de Décembre 1984 par lequel Ould Taya renversant Haïdalla absent, le supplante, NDLR) – un an auparavant… le directeur général du Fonds koweitien m’a demandé une analyse qui, d’ailleurs, par la suite ne s’est pas révélée juste. Je ne le connais pas, mais je pense qu’il est d’un milieu tribal, en Mauritanie, dont l’influence sur lui pourra m’apparaître bénéfique. Ce sont des gens d’une tribu moyenne, commerçante, qui a la tradition d’avoir de bonnes relations avec les gens. C’est peut-être un élément rassurant.

Quelques mois après, il m’a envoyé un parent pour me proposer la direction de la Société de commercialisation des produits de la pêche. Je lui ai répondu que je m’excusais, et que cela me dérangeait. Les deux idées qui m’ont fait prendre la décision sont les suivantes. Pas une de plus. La première est que je me suis dit: quand les militaires sont venus en 1978, ils ont voulu vraiment créer un fossé entre l’ancien pouvoir et – disons – le monde qu’ils ont mis en place.

Et, pour pouvoir le faire, ils ont raconté plein d’histoires fausses. Si cela peut être le début de la résorption de cette fracture qu’ils ont voulu créer, moi, je trouve cela très bien. Deuxième idée, elle est très bête. Pour la première fois de ma vie, je vivais sans avoir des fins de mois difficiles. Parce que pendant toute la période où j’étais au gouvernement et après, j’ai toujours eu des fins de mois très difficiles.

Parce que tout le monde vous pompait ?

Et je n’avais pas même ce que l’on me donnait. Vous savez: à partir du moment où vous ne prenez pas autre chose que ce que l’on vous donne comme salaire…c’est peu ! En fait, on pompait dans quelque chose qui déjà n’était pas important. J’ai eu un problème de conscience. Est-ce que je ne vais pas refuser de servir mon pays pour des raisons égoïstes et personnelles ? Est-ce que je ne vais pas être poussé par le fait qu’ici je suis bien ? Réellement, ma décision a été prise en partant de ces deux éléments. Par contre, je ne savais rien sur ce que Maaouya faisait.

Il est vrai que je l’avais vu auparavant, quand j’étais au Fonds koweitien. J’étais venu avec le directeur général, et – lui – il a demandé à ce que je vienne le voir. C’était pour parler de la coopération. Et puis, après, il m’a dit : est-ce qu’il y a quelque chose que vous voulez me dire ? J’ai dit: non ! Ce qui me semble le plus important, c’est ce que vous, Monsieur le Président, vous pouvez me dire. Moi, je pars à l’étranger et j’aimerais savoir ce que vous voyez… comment vous voyez la situation ? Et il m’avait dit une chose qui m’apparut pleine de bon sens, à ce moment-là.

Il m’a dit: ‘’vous avez des gens ici… vous avez vos amis et particulièrement: votre ami, tel – il parlait d’Ahmed Ould Sidi Baba: ils veulent la démocratie, la démocratie. La démocratie… la démocratie… moi, je veux bien mais tant qu’on n’a pas fait une administration, il y a un minimum de capacité de gérer… la démocratie, ça ne pourra pas marcher. Je vais donc m’y employer mais pas avec la vitesse de… -une manière de dire qui l’agace un peu – pas avec la vitesse que vos amis veulent’’.

Je lui ai alors donné un conseil. Je lui ai dit: Monsieur le Président, je vous parle avec l’esprit de quelqu’un qui vient d’une institution de financement international. Vous pouvez parfaitement bien – et cela ne concerne que vous et votre appréciation –changer vos ministres comme vous le voulez, mais si vous pouvez faire un peu de stabilité au niveau de votre administration et de vos directions, ce sera mieux.

Quand quelqu’un est dans un poste depuis un certain temps, il est connu par les gens à l’extérieur, et s’il n’est pas particulièrement mauvais, il aura capitalisé un certain nombre de connaissances qui peuvent aider beaucoup à résoudre des problèmes et cela s’est arrêté là.

C’était à l’occasion de l’assemblée de l’O.M.V.S., en février 1985: quelques mois après sa prise du pouvoir Quand je suis revenu ici participer au gouvernement –pendant sept mois, c’était pour moi un véritable enchantement. Je travaillais avec Baro. Ould Taya me semblait très… très simple, très correct, très ouvert.

Et je ne sais pas pourquoi je me suis imaginé cela, parce que, quand je me souviens… j’avais eu l’impression que les choses que je voyais, qui n’allaient pas bien, que cela allait se résoudre, que c’était parce qu’il avait encore avec lui d’autres militaires dont il allait se débarrasser. A l’époque, il avait d’ailleurs manifesté un respect réel qui tranchait, par rapport au reste, pour Baro et pour moi. Et puis, en août, il y a eu les négro-africains, enfin des Mauritaniens qui avaient sorti un manifeste ou un document en 1986…

« Le négro-mauritanien opprimé » ?

Oui. Je ne parlais pas avec les politiques, je m’occupais de mon ministère. Je suis resté en dehors de l’équipe, qui était plus jeune que moi. Je m’occupais de mon ministère pour lequel j’avais les mains libres, en tout cas par rapport à lui. Beaucoup de difficultés par rapport à la société, aux opérateurs, mais pas par rapport à lui. A partir de ce moment-là, j’ai senti quelque chose qui ne me plaisait pas beaucoup.

Une fois, par exemple, je suis venu le voir, et je lui ai dit: Monsieur le Président, je vais vous parler de quelque chose, dont je ne voudrais pas parler si je ne l’avais entendu que dans la rue, mais je l’ai entendu avec certains de mes collègues ministres, et cela c’est grave. Nous, en tant qu’Etat, tous nos textes, tout ce que nous avons, ne reconnaissent que les individus, nous ne connaissons ni ethnie, ni tribu, ni communauté, ni quoi que ce soit. Et lorsque j’entends des gens responsables dire: les Ouolofs, c’est des gens bien, mais les Toucouleurs c’est des gens mauvais, cela m’inquiète.

Si l’on n’y prend garde, cela peut être une glissade dangereuse pour nous. Je conçois parfaitement bien que nous puissions arrêter encore vingt Toucouleurs ou vingt Maures, les arrêter tous, mais en étant sûr que chacun d’entre eux, on l’arrête pour une raison précise, qui lui est propre. Je ne faisais pas mouche : il m’a écouté poliment…J’ai senti qu’il ne condamnait pas forcément… il ne voyait pas de la même manière le danger que moi je voyais dans le fait – pour des gens qui sont au pouvoir…

Au début, et en particulier, pour moi qui m’occupais des affaires économiques, j’avais le sentiment qu’il y avait une réelle ouverture sur ces problèmes, pour les comprendre.

C’était un homme qui vous paraissait avoir pris l’expérience du pouvoir, et être intelligent et comprendre les dossiers ?

Oui, c’était un homme qui paraissait… d’abord, très calme…, il écoutait, en tout cas d’expérience avec moi, il présidait relativement bien le conseil. Il n’avait peut-être pas ce que j’avais en vue à cette époque, cette attitude chez le président Moktar qui faisait qu’il n’était jamais à l’aise tant qu’ il avait le sentiment que quelqu’un voulait dire quelque chose qu’il n’avait pas dit… mais je n’avais pas constaté d’attitude très particulière… une ou deux fois, un certain énervement contre certains ministres.

Par rapport à un certain système d’éducation qui est le mien, j’aurais préféré ne pas voir ça. Mais comme je vous l’ai dit, toujours un grand respect, une très grande considération pour Baro et pour moi, qui tranchait réellement avec le reste. Une fois, il m’est arrivé de lui dire: Monsieur le Président, je suis très surpris. Je m’étais rendu compte que… quand il y avait une ambassade qui invitait, on constituait une délégation. Monsieur le Président, cela me surprend.

L’une des meilleures choses qu’on peut avoir ici, ce sont ces occasions où les Mauritaniens, les responsables rencontrent les étrangers qui sont là, discutent de choses et d’autres. Alors, il m’a dit: vous, et M. Baro, vous pouvez aller n’importe où, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. J’ai senti qu’il y avait une sorte de défiance vis-à-vis d’autres. Je ne sais pas pourquoi. A partir de ce moment-là, j’ai senti que, par rapport au problème ethnique, il avait une attitude très en retrait par rapport à ce que personnellement je souhaitais.

Mais comme on ne parlait pas de politique, je ne voulais pas me mêler de politique, je me concentrais sur mes problèmes. Il se trouve qu’après… il a fait un changement. C’est justement à l’occasion de ce remaniement du gouvernement, après cette affaire du document-là, du « négro-africain opprimé », qu’il a changé. Il a fait partir Anne Amadou Babali. Le ministre de l’Intérieur, Anne Amadou, qui, je crois, est quelqu’un de très bien.

Oui, je crois. J’ai avec lui des relations personnelles. Puis j’ai continué à travailler. Quand je suis arrivé dans ce ministère des Pêches, il m’est apparu très clairement qu’il y avait urgence à vouloir préserver la ressource. Et je m’y suis employé pleinement, en évitant de la surexploiter. C’était une politique qui était mal vue par tout le monde. Elle était mal vue par les gens qui venaient ici demander des licences de pêche. Elle était mal vue par les opérateurs économiques mauritaniens, qui trouvaient avec des Canariens, des Espagnols, des formules d’arrangement pour l’achat de bateaux.

Vous êtes devenu extrêmement gênant.

Tout à fait.

Il vous avait donné le choix de changer de portefeuille ?

Non, non Je lui avais dit –quand il m’a nommé au ministère des Pêches… je n’étais pas au courant. Alors, je vais le voir et je lui dis: Monsieur le Président, vraiment je voudrais vous dire que je n’ai pas beaucoup apprécié de n’avoir pas été informé. Il m’a dit: excusez-moi. Franchement, je croyais que pour un changement interne de ministère – quand on est déjà au gouvernement –, je pouvais ne pas vous en parler.

Est-ce que vous sentiez, d’une part, l’influence du Comité militaire sur la marche des affaires, et est-ce que, d’autre part, l’ombre de Moktar traversait son esprit ?

Je n’ai pas senti l’une et l’autre, à mon niveau. Une fois, il m’a dit comme ça… parce que j’avais fait remarquer que nos possibilités ne nous permettent pas d’autoriser des navires. Il y avait beaucoup de navires et de demandes: ‘’mais, moi, je ne comprends pas. Vous nous avez toujours dit que ces côtes… on nous a toujours dit que ces côtes étaient les plus poissonneuses du monde, et l’on m’a dit que, même de votre temps, il y avait jusqu’à six cent bateaux qui pêchaient, et maintenant vous voulez qu’on bloque tout cela, une centaine de congélateurs…’’ J’ai senti là que c’était une référence à l’ancien système. Mais autrement, non …

Les militaires, j’ai senti cela. Une fois, d’ailleurs, j’étais parti en mission. C’est lui qui m’avait envoyé porteur de messages pour un certain nombre de chefs d’Etat africains. Et puis, il y a eu tout un problème de scandale après mon départ. Ils ont arrêté un certain nombre de navires dont ils ont dit qu’ils faisaient des transbordements en mer, ce qui était interdit. Et alors, avant que je ne revienne, il a confié l’affaire à un membre du Comité comme président, qui était le responsable des problèmes économiques au sein du Comité militaire de l’époque.

Quand je suis revenu, on a eu une première réunion… qui ne m’a pas plu. … il y avait des propos que je ne comprenais pas très bien. Je lui ai dit: Monsieur le Président, s’il y a des aspects politiques dans cette affaire, j’aimerais en être dégagé, parce que je ne me sens pas la capacité de pouvoir les gérer. S’il y a des aspects simplement économiques, techniques, de gestion, j’ai un certain contexte et je peux assurer correctement l’application.

Le lendemain, il avait totalement changé. Il a sorti complètement le monsieur de l’affaire, et puis il m’a laissé le dossier, mais disons que – à partir du mois de mars de l’année suivante, cela n’allait plus. J’étais entré dans ce ministère en septembre. Il ne me faisait plus confiance et nos relations s’étaient dégradées. Cela a été finalement assez court.

Oui, je suis resté jusqu’en septembre 1987: j’ai fait au total, peut-être une vingtaine de mois avec lui, et je suis parti. Pendant cette période, il n’était pas le Maaouya qu’il est devenu par la suite, tel que les gens en parlent maintenant. Il n’avait pas cette autorité par laquelle il écrasait tout le monde, il n’avait pas cette relation avec les gens, dont on parle… dont on a parlé ces derniers temps.

Comment expliquez-vous qu’il ait changé, alors qu’il a essayé de mettre en place la démocratie, la Constitution. On m’a dit que c’était vraiment de façade…

Je ne sais pas… pour n’importe quel homme, qui a une responsabilité quelconque, je pense que si l’on n’est pas soumis à quelque chose qui vous dépasse, qui est plus fort que vous… les dérapages sont très faciles. Surtout quand vous êtes avec une population qui peut vous donner les apparences de l’attrait que tout ce que vous dites, est bon… Je crois qu’il a assez vite compris que s’il met les gens en situation de dépendance psychologique et matérielle c’est la meilleure manière de les tenir. Il s’est employé à ça, il s’est employé à prendre des gens et à faire de sorte que ces gens-là, en fin de compte, ne dépendent que de lui.

Autrement dit – moi, je n’ai pas vécu cela, mais l’on m’a dit… il y a beaucoup de gens sérieux qui m’ont dit que cela ne lui posait aucun problème que des responsables s’enrichissent de façon illégale. Il n’aimait pas beaucoup les gens qui n’ont pas avec lui cette relation de dépendance. Si vous gardez votre autonomie, si vous avez vos idées, s’il n’est pas sûr de vous faire passer par ce par quoi il veut vous faire passer, je crois que vous ne l’intéressez pas beaucoup. Les psychologues, les psychiatres pourront un jour – peut-être et en se basant sur le personnage – caractériser tout cela.

Alors, comment est-ce que vous expliquez tout de même qu’il ait essayé de faire une démocratie de façade d’une part et qu’ensuite, il soit tombé d’autre part ? Parce que son système psychologique tenait bien ?

Il tenait bien. Son système…tant que cela marche, mais c’est un peu comme le château de cartes, il suffit qu’il y ait un petit truc. Société actuelle et partis politiques Vous ne pouvez pas imaginer un départ de Maaouya dans des conditions plus favorables. Meilleures que celles-là. Vraiment, je ne le pense pas. Il est parti. Les militaires qui sont maintenant venus, ne semblent pas avoir d’arrière-pensé es par rapport à ce qu’ils ont dit. Je pense donc qu’ils vont faire tout pour conduire ce processus à son terme. Jusqu’au moment où je vous parle – ils se sont très bien tenus par rapport au fait de vouloir peser d’une manière ou d’une autre sur ce qui est déjà entamé dans le cadre du processus.

Je pense que la société mauritanienne d’aujourd’hui est une société où les gens sont habitués, depuis que la démocratie est là, du moins pour un très grand nombre d’entre eux, à aller là où ils pensent que l’administration veut qu’ils aillent. Je pense que tous ces gens-là – beaucoup d’entre eux – sont toujours dans l’expectative parce qu’ils n’arrivent pas encore à croire totalement au fait que les militaires n’auront pas de parti-pris.

Je crois que nous sommes dans une société dans laquelle en fait, il n’y a pas actuellement de séparation nette par rapport au projet de société. Vous prenez par exemple un parti, comme l’ancien parti d’Ould Taya. C’est un parti qui était le parti, donc, au pouvoir. Par conséquent qui est responsable… peut être tenu comme responsable de ce qui s’est fait.

Mais lorsque vous allez au-delà de ça, vous vous rendez compte que, jusqu’à présent, pour ce qu’il en reste, c’est un parti qui a des caractéristiques intéressantes, parce qu’il est présent partout dans le pays. Il a encore son infrastructure. Non, ce n’est pas ce que je veux dire, comprenez-moi bien. Ce que je veux dire, c’est que par rapport à cette unité nationale que nous, nous voulons, toutes les composantes y sont. Vous comprenez ce que je veux dire.

Parfaitement représentatif de l’ensemble mauritanien. De l’ensemble des Mauritaniens. A l’intérieur de ce parti, vous avez ce qu’on peut appeler les intellectuels. Vous avez, dans ce parti, un nombre considérable d’intellectuels. Vous avez un parti qui n’a jamais été un parti, tout ce monde-là était là… avec le pouvoir et suivait le pouvoir et globalement ce monde a commis une très grave faute, c’est qu’il a toujours été disponible pour justifier et soutenir ce que le pouvoir faisait.

Vous avez d’autres partis: de l’opposition, de ce qui s’appelle l’opposition. En fait, moi, tels que je les vois, ces partis ne diffèrent pas beaucoup les uns des autres. Mais il y a des hommes qui diffèrent de Maaouya, réellement. Il y a des hommes intéressants, qui sont des responsables de partis, mais je ne suis pas persuadé que les partis eux-mêmes soient tout à fait très différents.

C’est-à-dire qu’ils soient tout porteurs d’un projet de société, largement partagé au niveau des militants. Nous sommes actuellement dans une situation très complexe. Vous pouvez, par exemple, avoir un parti aujourd’hui et on va vous dire qu’il y a telle tribu qui va rentrer là-dedans et les gens du parti sont très contents que la tribu vienne. Ce qui pourra être intéressant, on ne peut pas le savoir à travers les partis eux-mêmes. Peut-être le savoir à travers des hommes. Je considère personnellement qu’Ahmed Ould Daddah est un homme très sérieux…

Vous avez travaillé avec lui.

Je considère qu’Ahmed Ould Sidi Baba est un homme sérieux, qu’il a un peu ce handicap d’être de la tribu à laquelle appartenait Maaouya et que probablement les Mauritaniens veulent changer. Je considère que Messaoud est un homme sérieux, il a une vision particulière… c’est un homme qui pourrait – dans l‘état actuel des choses, peut-être est-il trop tôt pour qu’il devienne chef – mais je pense qu’il n’est pas trop tôt pour qu’il joue un rôle important.

Le Calame

Liste des Haratine complices de l’esclavage (avril 2008) avril 25 2008

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  1) Sghaïr ould M’bareck, ancien premier ministre de Ould Taya, appartenant à la tendance authentique d’EL HOR ( les haratine qui revendiquent l’arabité).

2)    Mohamed ould Haïmer, ancien ministre et ancien secrétaire généraldu Sénat de Mauritanie, appartenant à la tendance authentique d’EL HOR ( les haratine qui revendiquent l’arabité).

3)    Achour ould Samba, ancien secrétaire général de plusieurs ministères, appartenant à la tendance authentique d’EL HOR (les haratinequi revendiquent l’arabité).

4)    Mohamed ould Boïlil, ancien gouverneur de région.

5)    Bilal ould Werzig, ancien ambassadeur et aujourd’hui ambassadeur au Yémen. L’intéréssé avait nié en 1997 l’existence de l’esclavage en Mauritanie en tant qu’ambassadeur de Mauritanie au Etats-Unis d’Amérique (Washington) devant la sous-commission des affaires étrangères du pays d’accueil ( voir Cotton Samuel, Terreur Silencieuse, un voyage dans l’esclavage contemporain en Afrique, 1998, Ed. Harlem River Press, chapitre 7 pages 129 et suites).

6)    Alioune ould Awbeck, ancien maire de Tékane et député de R’kiz. Il a joué un rôle important dans la déportation des Noirs en 1989. Dans la législature 2001-2005 sous le régime de Ould Taya, il a servi le PRDS (Parti Républicain Démocratique et Social) en s’en prenant à Messaoud ould Boulkheïr. Il ne venait aux séances de l’Assemblée Nationale de Mauritanie que lorsque Messaoud ould Boulkheïr faisait partie des intervenants. Il devrait face à celui-ci défendre la thèse officielle sur l’esclavage : la négation de celui-ci. Cette attitude s’incrit dans ce que j’ai appelé l’esclavage politique ( voir le Cri du Hartani n°1 : Ould Ciré ). Il a été le principal informateur du système Taya dans le Sud du Trarza.

7)    Omar ould Awbeck dit Omar Fall, ancien secrétaire général du Ministère de l’Intérieur ( 1986-1990 ). Il a lui aussi joué un rôle important dans la déportation des Noirs en 1989, tant au niveau national qu’au niveau local ( Commune de Tékane). Il a servi son ancien maître Gabriel Cymper (Jibril ould Abdallahi, ancien ministre de l’Intérieur). Omar Fall est un complexé. Tantôt, il se dit Peulh, tantôt Wolof alors qu’il est un Hartani de père et de mère. Il a revendiqué sa haratinité d’une manière opportuniste et ce, pour avoir un poste politique. Il fut l’un des artisans des crimes de Taya et de Gabriel Cymper. Il pourrait être traduit devant un tribunal international.

8)    Mohamed Lemine ould Ahmed, ancien ministre de la Justice en 1998, période où l’Etat mauritanien a condamné à cinq ans de prison Sidi Fall  pour détournement de deniers publics alors que celui-ci avait bénéficie de trois non-lieues. Mohamed Lemine ould Ahmed a été en 1992 le directeur de campagne de Ould Taya lors de l’élection présidentielle de la même année. Né à Beguëmoun (Commune de Tékane),  il a été chassé par ses propres parents alors qu’il était venu soliciter les voix des habitants de son village natal. A R’kiz, il a soutenu la politique de Mohamed ould Mohamed Aly, maire de cette ville où son frère était adjoint de 1988 à 2005, alors que les haratine sont majoritaire dans cette ville et devraient être à la tête de cette mairie. Mohamed Lemine ould Ahmed a cautionné une politique de collaboration au niveau local et national dans laquelle les Haratine étaient perdants.Mohamed Lemine ould Ahmed est le premier haratine a soutenir un mémoire de maîtrise à l’Université de Dakar portant sur l’abolition de l’esclavage en Mauritanie en 1983. Plusieurs fois ministre, il n’a pas appliqué les idées défendues dans son mémoire.

9)    Bazeid ould Bowah, conseiller au ministère des affaires étrangères deMauritanie.

10)   Mohamed Salem ould Merzoug, plusieurs fois ministre initiateur de la fantaisiste commission nationale pour l’éradication des séquelles de l’esclavage en Mauritanie (CNESEM).

11)   Sid’Ahmed ould Zahav, plusieurs fois ministre avant qu’il ne rétrograde en Directeur de l’Office National du tourisme sous Taya dont il fut un parmi ses plus grands hauts parleurs.

12)    Cheikh Saad Bouh ould M’bourou,  ex-ministre de Taya avant qu’il ne soit son ambassadeur au Sénégal.

13)  Mohamed ould Manzä, ancien député

14)  Mohamed ould Elmamy, ex-député

15)  Mohamed Lemine ould Chrive, ex-député

16)  Mohamed ould Guelaye, ex-caissier du Sénat

17)  Sidi ould Youwme, ex-gendarme et ex-député avant qu’il ne soit nommé comptable à l’ambassade de la Mauritanie aux Etats Unis d’Amérique

18)  Omar ould Matalla, ex- maire de Riyadh

19)  Mohamed Vall ould Youssouf, actuel directeur adjoint de la Socogim

20)  El moudir ould Bounna, ex-éphémère ministre de l’enseignement originel

21)  Moulid Fall, (belle-mère de El moudir ould Bounna et de  Mohamed Vall ould Youssouf)

22)  Ahmed ould Khattri                                 

Article n° 8123)   Vatimetou mint Khattri                           

Article n° 8124)    Mohamed ould Mohamed El Abd, conseiller  à l’ambassade de Mauritanie à Paris

25)  Boubeckrine Ould Khourou , un hartani, esclave de service ; Préfet   de R’kiz, 

Liste des Négro-mauritaniens complices de l’esclavage maure 

Les complices négro-mauritaniens de l’esclavage maure sont ceux qui non seulement ne viennent pas en aide aux victimes de l’esclavage maure mais jouent le jeu des Esclavagistes pour perpétuer la domination des Haratine . 

1) Kane Saïdou : Lors de la conférence de la Sorbonne 4 relative à l’esclavage et au racisme en Mauritanie et au Soudan, Mr Kane a été complice de Ould Yessa et des agents de
l’Ambassade de Mauritanie à Paris qui voulaient empêcher Mohamed Yahya Ould Ciré de parler de l’esclavage  maure. Kane Saïdou a volé certaines idées de Ould Ciré relatives à
l’esclavage et contenues dans le Cri du Hartani n° 1. On vole les idées comme on vole des bœufs. Ce sont des membres des Flam qui l’ont dénoncés.
 

2) Bâ Ibra : ancien secrétaire général du ministère des Affaires étrangères 

3) Bâ Houdou Abdoul : Interview n° 1 et Liste n° 2 

4) Dia Ibraima : Ambassadeur de Mauritanie à Washington. Il a renvoyé 5 Haratine travaillant à l’Ambassade de Mauritanie aux Etats-Unis d’Amérique. Cette attitude ne peut être le fruit du hasard. Il s’agit d’une discrimination sociale,  voir Communiqué n° 35. 

5) Yall Zakaria Alassane : Ministre de l’intérieur . Il a décoré le préfet de R’hiz lesquel s’est illustré en niant un cas d’esclavage avéré  ( Article n° 79 ). C’est la première fois que sous les ordres d’un préfet ( celui de Keurmacéne au Trarza ), 7 femmes haratine et un enfant sont transportées dans un camion frigo et déposées à 25 km de chez elles et auxquelles on impose une marche à pied de 25  km en vue de leur retour à leur domicile.( Article n° 84 ). Voilà le comportement des préfets dans le département ministériel de Yall Zakaria Alassane. Sous le régime de Ould Taya qui niait l’existence de l’esclavage, jamais de tels comportements n’ont eus lieu. 

6) Coulibaly Abdhrrahmane : boiteux au sens propre et au sens figuré. Au premier , il boite physiquement . Au second , il boite moralement parce qu’il est utilisé par des esclavagistes maures ( Ould Yessa). 

7) Bâ Mamadou Bocar : ancien membre des Flam . Lors de la conférence sur l’esclavage et le racisme en Mauritanie et au Soudan, tenue à la Sorbonne en 2002, il était venu au secours des esclavagistes maures (représentants de Ould Yessa, éléments de la tribu Itaouali et Smassid, Mohamed Mahmoud Ould Méïmine agent de l’Ambassade de Mauritanie à Paris…) et ce , pour empêcher Ould  Ciré de traiter la question de l’esclavage maure. Aussi , voir le Cri du Hatani n°11 où l’intéressé manifeste son esprit esclavagiste et sa complicité avec les Maures. 

8) Kidé Yéro : Président de la Commission de campagne d’explication au Trarza relative à la loi sur l’esclavage. L’intéressé « a fait  l’apologie de l’esclavage tout en tenant des propos malvaillants à l’endroit des Haratine » Témoignages n° 58 et 59 

La liste des Esclavagistes Soninké de MauritanieLes personnes dont les noms suivent, continuent aujourd’hui, dans le milieu soninké en Mauritanie, de profiter de leur domination féodale.Les victimes de leurs méfaits n’osent pas dénoncer car elles risquent des représailles.
D’abord, elles peuvent être privées de terres de culture. En effet, les terres sont détenues par les membres de la féodalité soninké. Dans  la société soninké, les esclaves ne peuvent détenir des terres. Ensuite la féodalité soninké profite de la complicité de l’Administration mauritanienne ( elle-même esclavagiste et raciste ) pour dissuader les récalcitrants ( prisons, amendes, etc. ). Enfin, les membres de cette féodalité soninké sont les seuls interlocuteurs  de l’Administration mauritanienne. Les postes réservés dans le partage du pouvoir politique et administratif, à l’ethnie soninké leur sont destinés. Les autres castes en sont exclues. La relation Etat mauritanien / Féodalité soninké assure la domination de cette féodalité. C’est la raison pour laquelle les membres de cette liste occupent ou ont occupé des fonctions importantes dans l’appareil administratif et politique. Ils ont été et sont bénéficiaires de
l’argent destiné aux projets de la région ( Guidimakha ). Ils ne sont jamais inquiétés quand ils détournent les deniers de l’Etat.
Au plan traditionnel, le pouvoir était et est, entre leurs mains, qu’il s’agisse du chef de village ou de l’Imam de Mosquée. 

1.   Sidiney  sokhona

2.   Soumaré oumar

3.   Soumaré souleymane

4.   Diabira moussa

5.   Camara seydi boubou

6.   Camara gueladio

7.   Gagny diawara

8.   Camara seydi hanoune

9.   Gandéga silly

10.  Souleymane diabira

11.  Yatera boubou

12.  Dieydi sakho

13.  Harouna sakho

14.  Dramé camara

15.  Diama sakho

16.  Boubou camara

17.  Cheikhou camara

18.  Aly camara

19.  Silly camara

20.  Waly soumaré

21.  Mamadou n’diaye

22.  Diawara sileymane 

Source: www.haratine.com

Consternation après les propos de la Libye sur Gaza avril 24 2008

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 Ibrahim Dabbashi, ambassadeur libyen délégué à l'ONU  (AP).  La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont quitté une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, mercredi 23 avril, après que la Libye ait comparé la situation à Gaza aux camps de concentration nazis pendant la Seconde guerre mondiale.
Il s’agit d’un geste de protestation rare de la part de membres du Conseil de sécurité de l’ONU à l’égard d’un autre membre.
Les membres du Conseil étaient en train de discuter la possibilité de publier un communiqué de presse sur les événements récents au Proche-Orient en fin d’après-midi, après que la sous-secrétaire Angela Kane ait décrit l’escalade de violences et le difficultés humanitaires croissantes rencontrées par les habitants de Gaza, sans oublier les tirs de roquette contre Israël.
Selon les récits de plusieurs diplomates, l’ambassadeur libyen délégué à l’ONU Ibrahim Dabbashi a ensuite pris la parole et conclu un long discours sur les malheurs des Palestiniens en comparant la situation de Gaza aux camps de concentration nazis sous la Seconde guerre mondiale. Six millions de Juifs et 220.000 à 500.000 tziganes y ont été tués.

Réunion close

L’ambassadeur français Jean-Maurice Ripert, ainsi que les diplomates britannique, américain, belge et costaricain ont alors immédiatement quitté la pièce, ont raconté des diplomates.
L’ambassadeur sud-africain Dumisani Kumalo, l’actuel président du conseil, a ensuite clôt la réunion. Il n’a toutefois pas confirmé que la sortie des diplomates marquait de la désapprobation. “Les ambassadeurs sortent et rentrent tout le temps”, a-t-il remarqué, ajoutant qu’il avait préférer ajourner la réunion car les membres du conseil n’étaient visiblement pas prêts de se mettre d’accord sur les termes du communiqué.
La diplomate britannique Karen Pierce a déclaré qu’un certain nombre de membres du Conseil ont été consternés par l’approche de la Libye “et ne croient pas qu’un tel langage fasse avancer le processus de paix”. 

 (avec AP)

Relations civils-militaires avril 21 2008

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   Nouakchott, 20 Avril (AMI)- Les travaux d’un séminaire sur les relations entre les civils et les militaires dans une démocratie ont débuté dimanche à Nouakchott. Cette rencontre de cinq jours, organisée conjointement par le ministère de la défense nationale et l’ambassade des Etats-Unis en Mauritanie, profite à certains officiers des différents corps des forces armées et de sécurité nationales, des fonctionnaires de l’administration et des représentants de tous les fragments de la société civile. Elle vise à établir une coopération saine entre toutes les parties (gouvernement, militaires et société civile) en vue d’aboutir à une bonne gouvernance, à la justice sociale et à la transparence dans la vie publique courante. Au menu de ce séminaire, le premier du genre dans notre pays, plusieurs communications relatives, entre autres, aux relations civilo-militaires en Mauritanie, les rapports des forces armées et la législature et le professionnalisme militaire dans une démocratie. Les débats, animés par de grands professeurs du Centre pour les relations civilo-militaires (CCMR) des Etats Unis d’Amérique, devront permettre d’outiller davantage les participants sur les principes universels des relations civilo-militaires et contribuer à favoriser une coopération fructueuse entre tous les acteurs afin d’aboutir à l’enracinement d’une réelle démocratie, véritable rempart des valeurs républicaines. Le secrétaire général du ministère de la défense nationale, le colonel Dia El Hadj Abderrahmane, a, à cette occasion, indiqué que son département se réjouit d’avoir réuni les différents acteurs pour réfléchir sur les meilleurs moyens de promouvoir les relations entre les civils et les militaires au sein d’une démocratie dynamique et fonctionnelle au service des citoyens. Il a ajouté que même si les officiers, les fonctionnaires de l’administration et les représentants de la société civile n’ont pas forcément les mêmes réflexes, les mêmes habitudes et les mêmes références, ils partagent tous, au plus haut niveau, l’esprit de défense et doivent, par conséquent, avoir un comportement républicain à l’égard des défis et des menaces qui compromettraient la sécurité du pays et des citoyens ou qui mettraient en péril les institutions de la République. M. El Hadj a encore dit que ce séminaire répond au souci permanent du président de la république d’imprimer dans l’esprit de chaque mauritanien les bases d’un comportement républicain, avant de saluer la dynamisme et l’engagement de l’ambassade des Etats Unis à Nouakchott pour la préparation minutieuse de ce séminaire, mais aussi et surtout pour son action en faveur de la coopération militaire entre les deux pays. De son côté, l’ambassadeur des USA à Nouakchott, M. Mark Boulware, a précisé que le gouvernement de son pays est heureux d’offrir cette opportunité pour faciliter les discussions sur ces importants sujets. Il a souligné que cette rencontre est destinée à appuyer la Mauritanie afin de développer des relations civilo-militaires à même de refléter les réalités particulières de sa propre démocratie. Les communications présentées au cours de la première journée ont été axées sur le diagnostic de la situation actuelle et l’examen des voies et moyens susceptibles d’établir une coopération saine entre les différentes parties. AMI  

Interview de la nouvelle maman des mauritaniens avril 21 2008

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    Elle n’est pas l’illustre Mère Térésa, mais elle partage bon nombre de caractéristiques maîtresses de la bienfaitrice de Calcutta. En effet, Khattou Bint El Boukhary, pour ne pas la nommer, ressemble à bien des égards à cette référence incontournable de l’histoire moderne.

Dotée d’une foi solide comme le roc, mue par la volonté sincère de venir en aide aux défavorisés, aux nécessiteux- et a tous ceux qui tendent le bras vers un but louable- la Première Dame de Mauritanie s’évertue à travers sa fondation caritative dénommée KB (ses initiales), à assister, de jour comme de nuit, les démunis dans la réalisation de microprojets. Aussi organise-t-elle, par exemple, des sessions de stages et d’ateliers au bénéfice des jeunes en difficulté, dans le but de les préparer à la vie active.

Nous sommes allés à la découverte de Khattou bint El Boukhary, qui semble investie d’une mission divine à savoir: assister les masses déshéritées et indigentes. Et cela nous rappelle cette maxime de Mère Térésa qui disait: «Nous vivons au milieu d’une mer de pauvreté; néanmoins, on peut réduire cette mer. Notre travail n’est pas qu’une goutte dans un seau; mais, cette goutte est nécessaire». Entretien agrémenté de thé, entre autres rafraîchissements, dans un climat convivial.  

Mme la Première Dame comment vous présenter de manière succincte?

Vous conviendrez avec moi qu’il n’est point aisé de se présenter soi-même, mais je tâcherai quand même de le faire. Je suis Khattou Bint El boukhary, descendante d’une lignée Chérif. J’ai vu le jour à Nouakchott, dune famille composée de plusieurs filles et d’un seul garçon. Qui parce que singulier, était le plus choyé. J’étais l’amie- je dirais la complice- de mon père: et lui (le garçon) était l’acolyte de ma maman. Comme c’est presque toujours le cas. Cela dit, nos parents nous ont inculqué une éducation stricte, rigoureuse même; dont je mesure a présent tout le bien-fondé. Enfin, je suis unie pour le meilleur comme pour le pire avec le Président Abdallahi, depuis bien longtemps et pour toujours.

Comment était le monde de votre enfance?

J’ai eu une enfance relativement calme. Comme je vous l’ai dit, dit tantôt, je suis née dans une fratrie majoritairement composée de filles. Notre chance résidait dans le fait d’avoir un père instruit. Qui nous a inscrites à l’école alors que ce n’était pas évident, du tout alors: car a l’époque, la scolarisation des filles était chose rare, sous nos altitudes. Je puis affirmer que j’ai, durant tout mon cursus, été une brillante élève.  

Ah oui. Je récoltais fréquemment des bonnes notes. De ce fait, je constituais un motif de fierté pour mes parents; Et mon papa me choyait constamment. Il se plaisait à me présenter à ses amis, qui me complimentaient et m’encourageaient à persévérer dans les études. Mais pour être honnête, je dois compléter la description en vous avouant que j’étais quelque peu bagarreuse. Oui, moi! («Je vois que vous avez envie de rire, riez donc»).

Je vous dis: je m’apparentais, dans ma prime jeunesse, a un garçon manque. Et comme tout gamin, il m’est arrivé, jusqu’à la fleur de l’âge, de me bagarrer avec les garçons, pour des broutilles. («Vous contractez vos lèvres et vos joues pour ne pas rire. pourtant je vous y autorise, où est le problème?». Donc, je ne me laissais pas intimider et j’exigeais de mon vis-à-vis- garçon ou fille-le respect auquel j’avais tout naturellement droit. Sinon, c’était la bagarre. Mon papa, dès qu’il était informé, me faisait venir et me demandait: «Qui a tort?».  

Invariablement, je répondais que c’est moi qui avais raison. Et papa, dans son affection paternelle, faisait preuve d’indulgence et de compréhension envers moi. A cela s’ajoute que, plus d’une fois, il m’a appelée pour de longues promenades avec lui. C’est durant ces pérégrinations qu’il s’est peu a peu révélé a moi et qu’il m’a légué ces trésors qui éclaireront inlassablement le chemin de ma vie. Je veux parler de ces vertus cardinales qui rehaussent l’humain et lui permettent d’apporter sa contribution à cet édifice exaltant qu’est l’existence. Mon père m’a appris à préférer l’altruisme à l’égoïsme, la modestie a la prétention, la sagesse et la prudence a l’impulsivité. Moi qui n’étais qu’une boule de nerfs a vif.  

J’ai, en l’écoutant, appris à faire preuve de discernement, de tolérance envers mes semblables, de patience envers mes idéaux. Béni soit-il, il m’a appris à préférer le bien et à choisir les justes moyens pour l’accomplir. C’est par papa que j’ai découvert la tempérance, qui permet a l’individu de dominer ses instincts et de maintenir ses pulsions. Il m’a inculqué le sens de la justice, qui incite à remettre à chacun ce qui lui est dû. En un mot comme en mille, il m’a énormément apporté. Les richesses des empereurs n’ont pas la valeur d’une bonne éducation. Et je n’échangerais contre rien ces joyaux qui sont la source de mon psychisme.

Quid de vos études?

J’ai passé l’essentiel de mon cursus scolaire dans mon pays: que j’ai quitté par la suite, pour m’inscrire dans des universités européennes, notamment la Sorbonne. C’était pour me perfectionner dans des langues comme l’Anglais, l’Arabe, le Français, etc… j’ai fini par jeter mon dévolu sur la littérature, non sans apprendre à composer la poésie arabe, entre autres.

Aujourd’hui, vous êtes la Première Dame de Mauritanie. Pouvez-vous nous rappeler voter cheminement politique avec M. votre mari?

A dire vrai, la politique ne m’intéresse guère, bien que je suivais mon mari dans toutes ses entreprises. Ce pour la bonne et simple raison que je n’apprécie pas la politique politicienne. Je veux designer cette forme de politique faite de magouilles, de coups bas, entre autres choses futiles qui rythment cet univers. Je ne cautionne pas ceux la qui font de la politique pour des raisons individuelles. Je considère que la politique, la vraie, la pure, c’est autre chose. Cela doit venir de l’intérieur, correspondre a quelque chose de sincère et profond en vous; un idéal pour lequel vous seriez prêt a tout donner.  

Pour mon cas, j’ai suivi le sillage de mon mari. D’abord, par fidélité a son égard. Ensuite par devoir envers l’humanité. Je trouve du plaisir à rendre service. Désormais, ma seule et unique préoccupation est d’être utile à mon peuple et, d’une manière générale, a mes semblables. Ce qui m’importe. C’est de rendre service, d’assister mon prochain dans le désarroi. Autant vous dire que j’ai un caractère entier. Quand je m’engage pour une cause, je n’y vais pas avec le dos de la cuillère. Je ne connais pas la demi-mesure, encore moins l’hypocrisie. S’agissant de mon cheminement avec mon mari, je l’ai toujours épaulé et- toute modestie mise à part- j’ai été d’un apport décisif dans sa carrière. Et c’est normal.  

Le rôle d’une épouse est de créer les conditions permettant à son mari de s’épanouir et d’aller de l’avant. Lui aussi m’a beaucoup apporté: il a Construit l’autre moitié de mon âme, la première moitié étant l’éducation de mes parents. Bien avant sa nomination, nous étions pratiquement exilés, mais nos pensées étaient constamment rivées sur la Mauritanie. Et je vais vous faire une confidence: des gens qui ont cru en mon mari, en ses potentialités; convaincus qu’il était le seul recours capable de sauver le pays sont venus le convaincre- non sans difficultés, car il ne voulait pas au début- afin qu’il se présente aux élections présidentielles. Il est vrai que j’ai quelque peu pesé sur la balance, pour le convaincre.  

Idem pour notre fils qui, nanti de ses diplômes obtenus à Sup de Co à Paris, entre autres parchemins, vivait à l’époque aux Etats-Unis. J’ai réussi à le convaincre de retourner au pays. Pour apporter son expertise à la nation Mauritanienne. La suite est connue. Mon mari a été élu à la tête de l’Etat et, depuis lors, je ne cesse de lui donner un coup de pouce, par le biais de ma fondation.

Justement, qu’est ce qui vous a incité à mettre sur pied cette fondation qui porte votre nom, Dans quels domaines intervenez-vous et quels sont vos objectifs?

Très bonnes questions. En fait, j’ai mis sur les fonts baptismaux cette fondation qui porte mon nom, dans le but d’assister les populations déshéritées et nécessiteuses, sur toute l’étendue du territoire mauritanien. Nous luttons contre l’analphabétisme, les formes de violences envers les femmes; nous aidons à l’amélioration de la santé de la reproduction. Nous apportons aussi un soutien aux handicapés et aux personnes âgés. Grosso modo, l’objectif ultime de la fondation est de créer les conditions permettant aux plus faibles et aux plus démunis, non pas d’être pris en charge mais de se prendre dignement en charge; et aux jeunes, de contribuer- loin de l’oisiveté et de la délinquance- au développement et au devenir de leur pays.  

Tout en étant aux côtés de mon mari dans ses principaux déplacements, vous constatez que j’ai mes quartiers au siège de la fondation implanté à la Présidence de la République. Là, je reçois continuellement, j’écoute les plaintes, je réponds aux doléances, compatis aux douleurs, donne des conseils. En fait, c’est pour moi une manière de maintenir le contact avec les populations qui sont marginalisées. C’est une promesse de campagne que j’ai voulu tenir, en mettant sur pied cette fondation.  

Pendant la campagne, beaucoup de promesses ont été faites au peuple; c’est-à-dire à des gens qui avaient l’habitude de perdre de vue les politiciens venus solliciter leurs voix, dés après l’élection de ces dernières. Je leur ai assuré que ce ne sera pas le cas avec nous; et ces gens, sceptiques au début, ont cru en nous. Dans un souci permanent de respecter notre engagement et mus par l’envie d’aider, dans une manière désintéressée, les plus faibles, nous avons jugé impérieux de créer la fondation. Qui est, en fait, un complément d’action pour l’Etat, je veux dire une main secourable tendue aux nécessiteux.

Quelles sont les actions à mettre à votre actif?

Elles sont multiples et je ne saurais les citer toutes. A titre illustratif, à l’occasion de la fête du «Fitr» (appelée Korité), nous avons fait le déplacement dans un centre médical de Sebkha. Une occasion que j’ai saisie pour passer à la maternité, compatir avec les mères à cette douleur qui est chant de vie et leur apporter cadeaux et nourritures. Cela nous a donné l’opportunité de faire un geste envers un centre d’accueil des enfants abandonnés, qui vivaient un véritable drame et qui souffraient dans l’indifférence totale.  

Pour cette grande première, nous avons distribué des prix, afin de les inciter à la créativité. J’ai moi-même supervisé ce concours, avec comme thème «l’unité nationale», qui avait pour cadre le palais des congrès. Ce prix, que je compte pérenniser, a pour but d’encourager la création dans ses différents domaines, eu égard a son étroite liaison avec le progrès. Et croyez-moi, cette initiative a connu un succès sans précédent; toutes les ethnies étaient représentées.  

Par l’institution de ces prix, nous avons voulu asseoir les bases d’une participation populaire à la mise en place d’institutions culturelles, économiques et sociales, répondant au dynamisme effectif de la société mauritanienne. Cela intervient en parfaite adéquation avec le climat de consolidation et de renforcement de l’unité nationale, entre les composantes et catégories de notre peuple, qu’il s’agisse des Arabes, des Poulars, des Soninkés ou Wolofs.  

C’est dans ce cadre que nous avons récompensé ces auteurs de la création, issues des différentes composantes et couches sociales, pour leurs poèmes gagnants relatifs à l’unité nationale; dans toute sa signification, avec toute sa dimension et sous tous ses reflets. Cela a été également, une manière de marquer l’année du retour des réfugiés au bercail.

Justement, à propos des réfugiés, il paraît que vous avez joué un rôle crucial dans leur retour au pays. Qu’en est-il exactement?

En fait, c’est le Président Abdallahi qui a décidé de régler ce qu’il est convenu d’appeler le «cas des 25000 réfugiés», avant d’organiser leur retour Mauritanie. En visite au Sénégal, le Président Abdallahi, qui s’en est ouvert à Me Wade, a pu obtenir son soutien déterminé pour cette initiative. C’est ainsi qu’un accord tripartite entre la Mauritanie, le Sénégal et le Haut Commissariat pour les Réfugiés, a été signé le 12 Novembre 2007. C’est un geste symbolique et c’est le lieu de saluer la grandeur des deux chefs d’Etats que sont Me Wade et Abdallahi. Qui ont pu concrétiser un rêve viscéral, datant de 18 ans.

Quid de Tintane, cette localité frappée par le déluge? Qu’avez-vous fait, concrètement, pour ces sinistrés?

Nous avons par le biais de la fondation, apporté une aide spontanée aux populations sinistrées de Tintane; mais également de Barkéol, lors des pluies diluviennes. Au compteur, nous affichons plusieurs réalisations, que je n’aurais guère de loisir d’énumérer.

Mme la Première Dame, qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez foulé pour la première fois le seuil de la Présidence, c’est-à-dire quand votre mari a été nommé Président de l République?

A dire vrai, j’étais très concentrée en songeant aux très grandes responsabilités qui allaient dorénavant être les nôtres. Pour la bonne et simple raison que j’avais et continue d’avoir, une pensée pieuse pour ces milliers de gens, marginalisés, qui sont dans le besoin. Je me suis dit, dans mon subconscient, qu’il fallait agir et non pas discourir; en tirant les leçons du passé. Il fallait des actions, des changements substantiels, combiner les forces, apaiser les souffrances, il ne sert à rien de fermer portes et fenêtres. Et encore moins de les convertir en miroirs de complaisance. Il faut comprendre que c’est l’heure de la responsabilité, de l’action.  

Le moment est venu de passer de la force dialogue, de l’autocratie à la démocratie authentique. Il est temps de combattre l’égoïsme, l’indifférence et l’ignorance, qui sont les artisans de l’injustice et façonnent les prémices de la révolte. Pour ma part, je souhaite ardemment éradiquer la pauvreté; bien que-je le sais d’avance- ce sera très difficile. Mais je suis déterminée à mener ce combat sublime, pour fournir quelque chose à mon peuple, pour aider les humains autant que je pourrai. Je veux offrir le sourire, susciter la joie dans les cœurs de ces personnes ayant désespéré de la vie.

Etant dans un Etat Islamique, n’éprouvez pas des difficultés pour mener convenablement vos actions, notamment dans la promotion féminine?

Du tout! Vous savez, le Président Abdallahi croit beaucoup aux femmes mauritaniennes, en leurs potentialités. D’ailleurs, au cours de l’audience qu’il accordée au Réseau des femmes parlementaires, sénateurs et ministres, il les a invité à s’impliquer davantage dans les affaires de la nation. Il leur a dit son espoir inscriptible en elle, sa détermination de parvenir à des changements positifs pour les améliorer la situation du pays; et leur a réaffirmé qu’il voit en elles les pionnières aux côtés desquelles cet objectif pourra se réaliser.  

A titre illustratif, aussitôt élu, il a tenu à ce que les nouvelles institutions démocratiques se caractérisent par la place importante qu’y occuperont les femmes, tant l’Assemblée nationale (17%) que dans les conseils municipaux (30%). Le Président a également demandé aux femmes de mener campagne pour un changement des mentalités, notamment en ce qui concerne l’Etat et le citoyen. Il s’y ajoute que- manifestement conscient de l’existence de la corruption, de la gabegie, du détournement des derniers publics et autres malhonnêtetés- le Président de la République a demandé aux femmes leur aide, pour assainir et moraliser.

Comment meublez-vous vos journées?

Cela dépend. Si je ne voyage pas, tout mon horaire est quasiment absorbé par les activités de la fondation. Je viens tôt au bureau. Puis je convoque mon staff pour un briefing sur mon emploi du temps, les audiences à accorder, etc… C’est tous les jours, la même exigence que je m’impose. Et il m’arrive de travailler jusqu’à des heures indues. Car je me laisserai jamais de tendre la perche à mon prochain.

Quel est votre plat préféré?

C’est le Thièboudieune. Eh oui! (tournée de rires)

Peut-on savoir quel sont vos distractions?

Je n’en ai plus. Dieu sait que mes activités absorbent tout mon temps.

Un dernier mot?

Je vous remercie vivement et vous encourage à poursuivre votre si noble travail.

Par Mamadou Ndiaye et Cheikh Tidiane Coly

Interview de Kaaw Touré Porte-parole des Forces de Libération Africaines de Mauritanie(FLAM) avril 20 2008

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Ceux qui s´agitent actuellement pour le retour de Taya n´ont pas de respect pour la Mauritanie, font de la provocation pour déstabiliser le régime du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi

AL YOWM : Voulez-vous vous présenter à nos lecteurs?

 Kaaw TOURÉ: Je m´appelle Mohamadou Ousmane Samba Racine Touré, mais pour les intimes, Kaaw Tokosel Tuure. Je suis originaire de Djeol dans le Gorgol et j´ai 40 ans dont la moitié ( 20 ans ) passée en exil, après mon passage en prison en 1986 suite à la publication du “Manifeste du négro-mauritanien opprimé” et qui faisait de moi le plus jeune prisonnier politique mauritanien à l´époque. Je réside en Suède depuis 1999, après mon expulsion du Sénégal suite aux pressions diplomatiques de l´ancien dictateur Ould Taya. Je suis actuellement le Secrétaire national à la communication et porte parole des Forces de libération africaines de Mauritanie et par ailleurs webmaster du site Flamnet.

AL YOWM : Les FLAM, hier et aujourd’hui. Si on vous demande de nous faire un bilan ?

 Kaaw TOURÉ: Faire le bilan des Flam c´est faire l´histoire d’une résistance patriotique des plus opiniâtres, celle qui n´a jamais plié, ni dévié, celle qui n’a jamais été ni récupérée, en dépit des manoeuvres et agressions de toutes sortes. Les F.L.A.M. constituent sans conteste, dans l’histoire de notre pays, la force politique qui a fait montre de la résistance la plus longue et la plus constante. L´histoire des FLAM ou le bilan des FLAM, c´est comme on le disait dans notre document historique “la longue marche des FLAM” et je cite: ” c´est une histoire de près de 25 ans de lutte opiniâtre contre un système à fondement raciste. 25 ans de résistance acharnée au cours de laquelle la marche de notre organisation fut longue et pénible ; Chaque étape franchie et chaque acte posé le furent comme dans une course d’obstacles. On franchissait le premier, un autre était déjà là, plus haut, Et un autre derrière, encore plus difficile”.  L´histoire retiendra aussi que les FLAM ont fait l´histoire de ce pays. Nous avons été les premiers à nous insurger contre le dictateur Ould Taya et le système discriminatoire qu’il a solidement conforté. Cela nous a valu la repression la plus sanglante, la plus cinglante et la plus haineuse jamais enregistrée dans ce pays. Depuis leur création les FLAM s´étaient fixé entre autres objectifs: la résolution de la question nationale, la lutte contre l´esclavage et les pratiques féodales, l´instauration d´une véritable démocratie en Mauritanie où le fait d´être arabe, noir, haratine, znaga ne serait ipso-facto une condition rhédibitoire. C´est ce paradigme que nous avons rappelé et voulu concrétiser en Mauritanie qui nous a valu la dénonciation, la répression jusqu’à l’élimination physique de ceux que nous comptions de plus chers dans notre mouvement. A l’époque, cependant il ne s’était pas trouvé suffisamment de bonnes volontés dans les formations politiques concurrentes pour formuler, avec autant d’exigence que nous, la revendication d’une réelle égalité entre tous les citoyens mauritaniens. Mais tel le roseau de la fable qui ploie sous la poussée de la bourrasque sans pour autant casser, les FLAM ont survécu à toutes les tempêtes de sable du régime de Taya. Nous avons payé cher notre droit à l´expression et à l´épanouissement dans ce pays. Aujourd´hui il est facile de se réclamer de l´opposition et de bomber le torse, nous n´avons pas attendu la démocratisation du pays ou l´avénement de l´internet pour dire notre mot dans la gestion de ce pays. C´est grâce aux FLAM que l´opinion internationale a découvert le vrai visage du régime mauritanien et l´apartheid méconnu de notre pays. C´est grâce aux FLAM que le monde occidental et africain a découvert l´esclavage, le sort des déportés mauritaniens que notre ami feu Sennen Andriamirado de Jeune Afrique nommait “les Palestiniens de l´Afrique de l´Ouest”. C´est grâce aux FLAM que le génocide planifié par des franges intolerantes et aggressives de nationalistes arabes a echoué. C´est grâce aux FLAM que les tortionnaires et autres génocidaires sont pourchassés et interdits de séjour dans des pays respectueux des droits de l´homme. C´est aussi grâce à l’impact de notre discours clair, cohérent et suivi, que les masses négro-africaines allaient prendre, pour la plupart, conscience de leur oppression. C´est aussi grâce à notre encadrement que les déportés ont résisté pendant ces 18 ans aux chants des sirènes, et maintenu intacte la tension du retour jusqu´à la reconnaissance officielle récente de leur déportation par le nouveau régime. On ne le dira jamais assez, un de nos acquis le plus essentiel, demeure celui d’avoir réussi, surtout, à rompre le mur du silence qui entourait cette politique ignominieuse de discrimination à caractère raciste et de pratiques esclavagistes dont sont victimes les populations noires mauritaniennes. La Mauritanie est un pays secret ; nos dirigeants politiques se sont toujours évertués à soustraire à la curiosité internationale les problèmes de fond du pays, par la dissimulation. L’une des choses que Ould TAYA n’a jamais réussi à digérer est bien que nous ayons pu diffuser «Le Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé» à l’extérieur, au sommet de Hararé, au Zimbabwe.  Aujourd´hui toute la classe politique parle dans son ensemble de l´unité nationale, du retour des déportés, du passif humanitaire, chose fort heureuse, alors qu´hier ces sujets étaient tabous et considerés comme “fond de commerce des nationalistes étroits, des ennemis du monde arabe à la solde du sionisme“. L´histoire vient encore une fois de démontrer que seule la vérité est révolutionnaire ; nous n´avons jamais failli dans notre mission de sentinelle du pays, de garde-fous de la démocratie, d´objecteurs de conscience mais surtout de combattants de la liberté. Le régime de Taya et même celui de la transition ont cherché, en vain, par tous les moyens à nous casser, à nous marginaliser. Ils ont essayé par la répression, la corruption, mais le socle dur est resté ferme et déterminé, loin de tout opportunisme et amateurisme, pour faire aboutir nos revendications les plus essentielles.

AL YOWM : A quand la fin de l’exil de la direction des FLAM ?

 Kaaw TOURÉ: C´est une bonne question mais comme vous le savez, en tant qu´ancien exilé politique vous-même, qu´on ne choisit pas l´exil de gaieté de coeur. Le mal du pays vous occupe et vous déchire les entrailles comme disait l´auteur des Exilés de Goumel. Le pays nous manque beaucoup ; nous n´avons comme richesse sur cette terre que notre pays natal, nous y tenons comme la prunelle de nos yeux ; c´est pour cette raison que nous nous sommes insurgés contre le système, c´est pour cela que nous avons accepté l´âpreté de l’exil et les souffrances des cachots. A quand la fin de l´exil? Nous sommes en voie d’y apporter une réponse. Et je présume que ce sont tous nos concitoyens qui l’attendent avec intérêt et impatience. Notre conseil national qui se réunira très prochainement statuera sur la question. Il faut espérer que cet exil prendra bientôt fin.

AL YOWM : Les FLAM comptent-ils un jour chercher la reconnaissance légale par les autorités mauritaniennes ?

 Kaaw TOURÉ: Le plus important pour nous, c´est la reconnaisance de fait des FLAM , par ce qu’elles incarnent, aussi bien par les autorités que par la classe politique dans son ensemble, et par l´opinion internationale. La reconnaissance légale n´est en fait qu´un simple certificat de naissance qui n´empêche pas à un enfant de vivre ou d´exister, une simple formalité administrative. Il me semble prématuré d’en parler maintenant, même si rien est à exclure. Mais je puis vous assurer que les FLAM resteront conséquentes en continuant à privilégier toutes les solutions qui réglent les contentieux nationaux et favorisent la réconcialition entre nos communautés.

AL YOWM : Quelle est votre analyse de la situation du dossier des réfugiés ?

 Kaaw TOURÉ: Le dossier des réfugiés, comme vous le savez, nous tient beaucoup à coeur ; et il faisait partie, avec le passif humanitaire, de l´une des conditions que nous avions posées pour la décrispation du climat social en Mauritanie. Le discours historique du 29 juin du Président de la République, nos échanges avec lui pendant la campagne électorale entre les deux tours et sa récente rencontre avec notre président Samba Thiam à New York en marge de l´assemblée générale des nations unies nous incitent à l´optimisme, même si nous savons qu´il y a toujours des forces hostiles tapies dans l´ombre, oeuvrant pour la perpétuation du système, qui veulent faire échouer le projet du rapatriement des déportés. C´est ce qui explique, en grande partie, les tergiversations, les manquements et l´amateurisme constatés dès l´entame du projet. En résumé, par rapport à ce dossier, il ne serait pas réaliste de nier qu´il y a des efforts consentis, certains ; mais il faut continuer à ameliorer. Il faut surtout, pour réussir la réconciliation, éviter la solution du « fait accompli », ou de type à générer ressentiments et frustrations. Nous avions salué, en son temps , l´initiative du président de la République mais nous devons plus que jamais restés vigilants pour faire aboutir le réglement de ce dossier et aborder les autres points qui attendent toujours comme le passif humanitaire et surtout l´épineuse question de cohabitation que certains nomment pudiquement “la question de l ´unité nationale”.

AL YOWM : Maouya bientôt en Mauritanie. Qu’en dites-vous ?

 Kaaw TOURÉ: Si Maouya veut rentrer en Mauritanie, libre à lui, mais il doit assumer son passé et être prêt à répondre de ses crimes , devant la justice nationale ou internationale. Ceux qui s´agitent actuellement pour le retour de Taya n´ont pas de respect pour la Mauritanie, font de la provocation pour déstabiliser le régime du président Sidi Ould Cheikh Abdallah. Nous ne pouvons expliquer certaines coïncidences troublantes dans ce pays. A chaque fois que le problème des déportés est évoqué on voit surgir des manifestations « spontanées », on fait courir la rumeur de bruits de bottes, on assiste à des actions terroristes, des tracts de diversion circulent, on agite le spectre du retour de Taya. Tout ceci ne peut être fortuit. C´est comme s’il y avait une main invisible qui chronométre tout cela, selon un agenda bien défini. Je n´accuse personne, mais je crois à la manipulation et à la préparation du retour d´un « messie » pour sauver la Mauritanie du « démembrement et de l´impasse ». Ce qui est abérrant dans toute cette campagne c´est d´entendre certains plumitifs et politiciens regretter l´ère du dictateur. Cela est une offense à notre dignité et c’est certainement manquer de respect pour notre peuple, comme pour dire que nous ne méritons que la médiocratie.

AL YOWM : La Mauritanie et le terrorisme quelle est votre analyse ?

 Kaaw TOURÉ: Si vous regardez le parcours de ces prétendus moudjahidines, vous ne verrez que des anciens bandits de grands chemins”reconvertis”, des petits criminels et qui n´ont rien à avoir avec notre sainte religion, qui est une réligion de paix et de tolérance. Qu´ils nous laissent vivre notre foi et nos pechés en paix dans ce monde, et Dieu seul pourra reconnaître les siens. Ne dit-on pas dans le saint livre qu´Allah est le plus juste des juges ? « alayssa´allah bi ahkamil hakimine » Nous, au niveau des FLAM, considérons ces évènements graves autour de ces illuminés comme une menace sérieuse, un danger auquel il faut faire face avec fermeté certes, mais aussi avec beaucoup de discernement. On ne réglera pas le problème en se contentant de punir les exécutants. Il faudra aller au-delà, mesurer l’impact de ce discours d’intolérance , fanatique, et en déterminer les causes profondes. Ce terrorisme aveugle, à vocation apocalyptique , prospère sur le lit des frustrations et des misères des populations vulnérables parce que sous-éduquées et/ou laissées pour compte. Il faut aussi dire qu´à vouloir copier le monde arabe en tout et pour tout, on finit aussi par en prendre, hélas, les côtés pervers

AL YOWM : Connaissez-vous Brediley. Que vous inspirent ses récentes productions ?

 Kaaw TOURÉ: Bredileil ou “la fraicheur de la nuit” c´est son nom traduit en Francais parait-il. Je n´ai pas eu l’occasion de connaitre l´homme sinon à travers sa pensée et ses écrits et surtout à travers les témoignages de nos camarades qui l´ont connu en prison en 1987. Tout ce qu´on sait de lui, c’est qu´il est un partisan acharné de l´arabisation de la Mauritanie, quel qu´en soit le coût, qu´il est l´idéologue du baathisme repoussant et intolérant dans notre pays. Bredeleil a une part importante de responsabilité, lui et ses camarades, dans les dérives nationalistes et fascistes du régime de Ould Taya. Il n´y a en réalité qu´un extrémisme en Mauritanie, c´est celui, intolérant, du Baas et des nasseriens. Les positions de Bredeleil ne me surprennent donc guerre. Ce qui me surprend c´est plutôt le silence des prétendus progressistes ou objecteurs de conscience, face à ses prises de position qui puent le racisme abject. J´espére qu´un jour, les mauritaniens auront l´opportunité de se parler à travers un débat national autour de cette question de la cohabitation, et ce sera une bonne occasion pour finir une bonne fois pour toutes avec des idéologies importées et s´atteler à la construction d´une Mauritanie réconciliée et fière de sa diversité culturelle, de sa position géographique et de sa composition sociologique. En attendant nous disons comme toujours la lutte continue.  

Propos recueillis par Abdallah Ould Hormatallah et Camara Seydi.

  www.flamnet.net

Taya, La flamme olympique nationale : Fierté de tout un peuple avril 16 2008

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Annoncé depuis quelques temps mais retarder par des problèmes de timing le retour de Taya marquera la renaissance de notre chère Mauritanie. L’homme qui  pendant vingt ans présidé aux destinées de ce pays ne peut souffrir longtemps de vivre loin de la patrie de ses ancêtres. Cette patrie pour laquelle il s’est battu corps et âme, cette patrie qu’il a récupérée dans le dénuement total des griffes d’un Haidallah qui était prêt à la vendre aux forces obscures de l’Algérie et du Polisario. L’homme providentiel sera acclamé par les milliers de Mauritaniens.

   Taya a donné à la Mauritanie sa fierté, il a démoli pour reconstruire une Mauritanie forte et respectueuse. L’homme fut un génie, un futuriste qui voyait loin. Il a su faire travailler cette Mauritanie diverse au détriment des chauvins, des aigris, des intégristes de tout bord qui ont cherché et qui cherchent encore à faire sombrer notre pays.

 Le retour de cette homme doit être l’occasion pour le peuple mauritanien de le remercier pour le travaille accompli même si ce travaille est mis en puéril par un président marionnette, Sidi Ould Cheikh Abdallahi dominé par sa femme, dominé par son entourage et qui n’a aucune prise sur ces propres enfants. Les douloureux événements que traversent notre pays, recrudescence des violences urbaines, carence de sécurité, famine, négligence de l’administration, montre l’incapacité de ce vieillard. Une incapacité que les mauritaniens ne lui pardonneront jamais et qui espérons le ferra périr dans les flammes de Géhenne. Il a déçu au bout d’une année et détruit l’espoir d’un peuple. Il a tué cette démocratie qui l’a amenée au pouvoir.    

Taya fut victime d’une révolution de palais perpétrée par un colonel Aziz qui ne cherchant pas le pouvoir pour lui-même a laissé un vide dans le cœur des mauritaniens qu’il a appris à connaitre pendant vingt ans. Ne ce reste que sa présence dans le pays rassurera les mauritaniens qui ne savent plus à quel Dieu se fier. 

Ahmed Ould Khattry

Le nationalisme arabe, une histoire mauritanienne aussi avril 16 2008

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                        Michel Afflaq & Sayyed Kotb

 PS :  Dans ces temps d’incertitudes où notre pays sous l’impulsion du vieux président Ould Cheikh Abdallahi ferme les yeux sur une désarabisation de la Mauritanie, il serait judicieux de rappelé l’histoire universelle du nationalisme arabe à titre éducatif aux mauritaniens. Cette histoire que la Mauritanie pays arabe et musulman partage avec ces frères arabes

 Dans le syncrétisme du réformisme, du nationalisme et de l’Islam, qui va caractériser le pendant politique de la Nahda, le dosage entre les trois composantes variera considérablement selon les cas. Toutefois, même entre le musulman syrien ‘Abd al-Rahmân al-Kawâkibi (1849-1902), prônant le retour du califat aux Arabes, et le chrétien syrien Negib Azoury (Nâjib ‘Azûri, m.1916), appelant à la création de deux États arabes, l’un d’Arabie et l’autre du Croissant fertile, il y a une convergence sur le terrain d’un nationalisme arabe encore confus face aux Turcs et dans la volonté de séparer le spirituel du temporel, le calife devant être, pour les musulmans, l’équivalent du pape pour les catholiques, selon al-Kawâkibi.

La Première Guerre mondiale acheva le démembrement de l’empire ottoman. L’occupation d’Istanbul en 1920 par les alliés signala la fin du sultanat. La République turque fut proclamée en 1923, sous la direction du nationaliste Mustafa Kemal Pacha qui sauva la Turquie dans ses frontières actuelles du dépècement et de la soumission directe aux alliés. L’année suivante, le califat fut aboli à son tour. Mustafa Kemal, dit Kemal Atatürk, présida son pays jusqu’à sa mort en 1938. Il instaura un régime dictatorial, qui s’efforça de réformer, d’occidentaliser et de laïciser la Turquie par des méthodes autoritaires. L’impact de son exemple sur les nationalistes du monde arabe fut limité par la hardiesse brutale de sa politique antireligieuse et les aspects anti-arabes de sa politique d’occidentalisation et de “ turquisation ”, dont le remplacement des caractères arabes par les caractères latins pour la langue turque fut le symbole le plus éclatant. De tous les dirigeants arabes, c’est le président tunisien Habib Bourguiba (1957-1987) qui sera le plus marqué par l’exemple de Mustafa Kemal.

Le fondateur du parti Wafd égyptien, Sa‘d Zaghlûl (1860-1927), figure de proue de la nouvelle phase du nationalisme égyptien, moderniste et libéral, de la fin de la Première Guerre mondiale à la fin de la Seconde, était un disciple modéré de Muhammad ‘Abduh. Né de la revendication de l’indépendance de l’Égypte, formulée en 1918, juste après l’armistice, et pour laquelle une délégation (wafd) avait tenté de se rendre à la Conférence de la paix à Versailles, le parti de Sa‘d Zaghlûl allait entretenir des rapports mouvementés avec la monarchie égyptienne, après la fin officielle du protectorat britannique en 1922.Le Wafd alternera passages au gouvernement et dans l’opposition, sur fond de conflit avec les Britanniques, toujours dominants dans une Égypte qui n’était, même officiellement, que très peu indépendante, la défense et les affaires étrangères étant du ressort de la Grande-Bretagne.

Le Wafd s’illustrera dans l’arène électorale, remportant la majorité à plusieurs reprises, à une époque où l’Égypte connaissait un parlementarisme contrôlé, mais néanmoins réel. Toutefois, la modération des actions du parti face à la monarchie et à la Grande-Bretagne le discrédita, à un moment où le nationalisme égyptien se trouvait fortement exacerbé par le conflit avec Londres au sujet du Soudan, revendiqué par l’Égypte.

C’est dans ce contexte, marqué par les émeutes et l’incendie du Caire en janvier 1952, que, sept mois plus tard, le 23 juillet, un groupe putschiste, l’organisation des Officiers libres dirigée par le colonel Jamâl Abdel-Nâsser, renversa le roi Fârûq et plaça le général Muhammad Naguib à la tête du gouvernement, inaugurant une troisième phase du nationalisme égyptien. Celui-ci allait connaître de façon croissante, et sous la direction exclusive de Nâsser à partir de 1954, une radicalisation politique, anti-impérialiste, panarabiste et sociale, voire socialiste. Bien que précédé par la Syrie indépendante sur la voie des putschs militaires (putsch du colonel Husni al-Za‘îm, en 1949), le coup d’État républicain égyptien, ainsi que les pratiques sociales, économiques et politiques du nassérisme, allaient devenir un modèle qu’imiteront des expériences similaires dans plusieurs pays arabes : Syrie, Irak, Yémen, Algérie, Libye et Soudan.Mais auparavant, le nationalisme libéral du Wafd de Sa‘d Zaghlûl, représentant les milieux urbains aisés et agissant principalement sur le terrain électoral et parlementaire, avait lui-même connu des émules dans plusieurs pays arabes, dans la phase des luttes pour l’indépendance.

 En Syrie, l’équivalent du Wafd fut le Bloc national (al-Kutla al-Wataniyya), dont les personnalités les plus marquantes à sa fondation, en 1928, furent Hâchem al-Atâssi et Jamîl Mardam Bey, puis dans les années quarante, Chukri al-Quwatli et Khâlid al-‘Azm. C’est à ce même courant qu’appartenait le Libanais sunnite, Riyâd al-Sulh, qui, avec le maronite Bichâra al-Khûri, dirigeant du Destour, allaient mener le pays à l’indépendance. En Irak, on peut classer dans la même catégorie le parti al-Ikhâ’ al-Watani de Yasîn al-Hâchimi, Hikmat Suleimân, Rachîd ‘Ali al-Gailâni et Kâmil Chadirchi. En Tunisie, le mouvement nationaliste libéral fut dominé par le Néo-Destour à partir de sa création en 1933, sous la direction de Habib Bourguiba, qui s’imposa contre le secrétaire général du parti, Salâh ben Yûsuf. Au Maroc, le parti de l’Istiqlâl, issu de la fusion en 1943 de deux groupes dirigés respectivement par ‘Allâl al-Fâsi et Muhammad al-Wazzâni, est le représentant le plus illustre de la même tendance. En Algérie, c’est la figure de Farhât ‘Abbâs qui s’imposa dans cette catégorie depuis son célèbre Manifeste de 1943.

Institut du monde arabe

Saleck 

Mise en garde des autorités contre toute aide aux apprentis terroristes mauritaniens avril 16 2008

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   Le Procureur de la République près le tribunal de Nouakchott a mis en garde contre “toutes aides, quelle qu’en soit la nature, qui pourraient être apportés aux groupes terroristes armés qui accomplissent des actes terroristes à partir de considérations et de justifications erronées se cachant derrière un soi-disant jihad et qui n’ont rien à voir avec celui-ci”. Cette déclaration a été faite dans un communiqué lu par le Procureur de la République lors d’une conférence de presse organisée aujourd’hui lundi, au Palais de Justice.

Le procureur de la République a ajouté que les groupes terroristes “exploitent l’innocence des citoyens, la spontanéité de leurs relations et le niveau de leur conscience de la sécurité et de la loi ainsi que le climat de la société traditionnelle ouverte, paisible pensant du bien de tous et hospitalière envers l’étranger par nature et par comportement”.

Le procureur de la République a attiré l’attention sur ce qu’il a qualifié de problématiques juridiques liées au comportement à adopter face à de tels groupes terroristes, indiquant que le parquet “rappelle à tous leurs responsabilités juridiques et morales”.

Il a énuméré à ce sujet les articles du code pénal criminalisant et sanctionnant “les actes d’assassinats, de vandalisme, de détention d’armes et d’explosifs et de terreur menés par ces groupes terroristes”, en plus de la criminalisation de l’aide apportée aux auteurs de tels actes, soit par la complicité directe ou la location de maisons ou de voitures aux terroristes.

Le procureur de la République a demandé aux citoyens de “prendre toutes les précautions nécessaires dans toutes les transactions au cours de cette période particulière”, notamment en ce qui concerne la location des voitures et des maisons.

Il a enfin appelé les citoyens à prêter attention à “toutes attitudes extraordinaires et à tous comportements suspects et d’en référer aussitôt aux services de sécurités compétents”.

AMI



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