Arrestation d’un violeur à Nouakchott mai 28 2008
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Depuis quelques mois, un pseudo taximan sème la terreur dans les milieux féminins de Nouakchott. Chaque fois une cliente est kidnappée vers l’une des trois zones où ce maniaque opère : derrière l’hôpital Sabah, sur la route Soukouk de l’axe Tevragh Zeina et dans la zone militaire de sebkha). Il a toujours abandonné ses victimes dans ces lieux perdus après les avoir violées et délestées de tout. Mansour Mamadou Ba, né en 1986 à Kaédi, se trouve depuis trois jours derrière les grilles du commissariat de Tevragh Zeina I où sa garde à vue a été prolongée pour donner l’occasion à ses victimes de venir l’identifier.
Une traque de deux mois
H.M.L est l’une des premières victimes de ce monstre. Il y a deux mois, elle avait quitté un domicile à Tevragh-Zeina pour revenir chez elle à Toujounine vers 21 heures. Arrivée à la hauteur du stade olympique, un taxi s’arrêta à sa hauteur. Elle lui fit comprendre qu’elle veut se rendre à Toujounine en lui proposant 500 UM comme frais de la course.
Le chauffeur, dont elle n’a jamais oublié les traits, lui répond qu’il peut la déposer au marché de la capitale. Elle a accepté sans réfléchir car l’endroit où elle se trouvait était désert. En route, plusieurs clients ont hélé le taximan sans qu’il ne s’arrête mais la cliente a cru qu’il ne les a peut-être pas vus. La première chose qui a semblé bizarre pour celle-ci était le fait que le taximan ait amorcé un virage entre le Monotel et l’ambassade de France. «Où est-ce que tu vas de ce côté ?» a demandé la jeune fille. «J’évite un contrôle de police», lui répondit le taximan. La voiture bifurqua pour passer entre des tas d’immondice derrière l’hôpital Sabah. La jeune fille était glacée de peur et ne savait pas quoi faire. Tout à coup, le moteur cessa de tourner et le véhicule s’immobilisa. Le taximan la saisit par le bras en lui pointant un couteau à la gorge: «Tu va faire ce que je demande sinon, tu vas crever», lui dit-il…
Une heure plus tard, la victime était recueillie par des passants dans un état piteux. Elle a été emmenée à l’hôpital et ensuite à la police pour faire sa déclaration.
Z.A, une vieille dame de 66 ans n’a pas elle aussi échappé à ce maniaque qui l’a emmenée de force après qu’elle l’eu pris pour un taximan en lui demandant de la déposer à Tevragh-Zeina. Elle se retrouvera abandonnée entre les dunes de la zone Nord de l’axe Teyarett-Tevragh-Zeina. Ceux sont des vendeurs de lait l’ont secourue et emmenée à la police.
S.T et Z.S, elles n’ont pas non plus échappé au sort réservé par ce maniaque à celles qui les ont précédées. Elles ont été à tour kidnappées par ce monstre qui a continué à passer entre les mailles de la police pendant toute cette période grâce à sa prudence et le fait qu’il a toujours camouflé sa plaque d’immatriculation en la couvrant de peinture blanche.
Au cours de sa cavale, Mansour Ba a continué à sévir partout à Nouakchott faisant plus de quinze victimes dont douze sont déjà déclarées au niveau du seul commissariat de Tevragh-Zeina I.
Même les femmes étrangères n’ont pas échappé à ce violeur. La Française d’origine algérienne F.H.H et la Sénégalaise qui a été sa dernière victime A.D née en 1956 ont, elles aussi, passé des mauvais moments entre ses mains et ont été délestées de leur argent, bijoux et portables.
Le masque tombe enfin
A.D était sortie cette triste nuit-là d’une cérémonie où elle était invitée. A la sortie, il y avait un taxi qui attendait les clients. Elle monta à l’arrière et ordonna au chauffeur de la déposer à Sebkha. Puisque le taxi partait de l’îlot K, le chauffeur passait au carrefour de l’hôpital Sabah avant de virer derrière le ministère du pétrole et s’arrêter au milieu de la vaste place publique de la zone militaire.
Comme l’heure était tardive, cela a inquiété la femme qui a demandé au chauffeur le motif de son arrêt. Pour toute réponse, il la gifla à toute volée en essayant de la maîtriser. La femme qui n’était pas faible physiquement lui a opposé une farouche résistance et ce fut la bagarre. Les coups pleuvaient de partout. La femme commença à crier et appeler au secours mais à cette heure-là, il n’y avait pas de passants dans la zone, seules quelques rares voitures passaient parfois sur l’axe bitumé. Heureusement l’une de ces voitures vira soudain pour se diriger du côté où se bagarraient le violeur et sa victime. Ce qui a emmené le malfaiteur à abandonner celle-ci avant même d’accomplir son forfait. La brave A.D. a eu l’idée de mémoriser la plaque d’immatriculation du véhicule de son agresseur, une Carina portant le n°…. AK00 avant d’aller faire sa déclaration à la police.
Enfin, l’arrestation
La police a depuis un mois dressé le portrait robot du violeur grâce aux déclarations des victimes. Ce portrait robot a été distribué à tous les commissariats de Nouakchott sur ordre du directeur régional. L’inspecteur Dahane Ould Hanefi qui était chargé de l’enquête en tant que commissaire intérimaire de Tevragh Zeina 1 n’a pas lésiné sur les moyens pour pouvoir arrêter ce bandit le plus vite possible. Des postes fixes et des patrouilles de contrôle ont été mobilisés partout.
Le malfaiteur qui était apparemment très prudent se méfiait beaucoup de ces contrôles qu’il évitait toujours. Il lui est arrivé même de camoufler sa plaque en la couvrant de peinture blanche. La déclaration de la dernière victime de Mansour Ba a été d’une grande utilité car la police a pu connaître grâce à elle le véritable numéro de la plaque du véhicule malgré le camouflage que continue de lui faire le chauffeur.
Lundi 18 février vers 23 heures, l’une des patrouilles a détecté la présence de la voiture suspecte aux environs de la polyclinique. Une filature de loin commença alors. Le violeur qui apparemment guettait une nouvelle proie, tourna au Sud de l’école justice en prenant l’axe de l’hôpital.
Virant par la route de la plage, la voiture de patrouille le doubla. Il essaya au début de faire l’innocent et foncer mais le conducteur de la Land Cruiser de la police était habitué aux courses poursuites. Cent mètres plus loin, les policiers lui intiment, armes aux poings, l’ordre de s’arrêter. Ce qu’il fit sans discuter. L’un des policiers prit le volant de la voiture tandis que son chauffeur était menotté et mis à l’arrière de la Land Cruiser.
Au commissariat de Tevragh Zeina 1, le taximan sera enfin identifié, comme étant Mansour Mamadou Ba, né en 1986 à Kaédi, chauffeur de véhicule personnel appartenant à la famille Ahmed Merehba qui n’ont jamais remarqué chez lui aucune activité illicite depuis qu’ils l’ont engagé il y a de cela trois ans, selon la police.
Pourtant, il continuera, jusqu’à présent, à nier les faits qui lui sont reprochés malgré sa confrontation avec douze de ses victimes, ce mercredi 20 février 2008. Elles l’ont toutes identifié alors qu’il a été à chaque fois mis entre un groupe de dix personnes.
Certaines parmi ses victimes se sont évanouies, d’autres ont pleuré à chaudes larmes.
La perquisition de son domicile a permis de retrouver des dizaines de puces de téléphones. Grâce à ces puces, la police a pu joindre certaines autres femmes parmi les victimes de Mansour Ba.
Pour ce qui est des rumeurs faisant état que le violeur est porteur du VIH Sida, une source de la police a affirmé à Nouakchott Info que quelques unes de ses victimes qui ont subi le test du Sida sont séronégatives.
Liste des victimes que la police a déjà confrontées avec le violeur
1. A.D née en 1956 au Sénégal
2. Z.A née en 1942 à Nouakchott
3. S.T née en 1975 à Nouakchott
4. M.P née en 1952 à Nouakchott
5. Z.S née en 1964 à Boghé
6. C.M née en 1963 à Nouakchott
7. F.B née en 1961 à Méderdra
8. H.M.L née en 1975 à Tidjikja
9. F.H née en 1975 à Nouakchott
10. F.H.H Française d’origine algérienne
MOSY
ANI
Deux ans de prison requis contre six jeunes convertis mai 27 2008
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Le procureur du tribunal correctionnel de Tiaret, dans le sud-ouest algérien, a requis mardi 27 mai deux ans de prison ferme à l’encontre de six jeunes convertis algériens accusés d’exercice illégal d’un culte non-musulman.
Le procureur a également requis une amende de 500.000 dinars (5.000 euros environ) à l’encontre de chacun des prévenus, qui comparaissaient dans un nouveau procès de convertis chrétiens.
Les six jeunes avaient été interpellés par la police algérienne à la sortie d’une maison où, selon l’accusation, ils venaient de tenir une messe sans autorisation.
Verdict reporté pour Habiba Kouider
Par ailleurs, on a appris que le tribunal de Tiaret a décidé mardi de reporter son verdict dans le procès d’une Algérienne convertie au christianisme et d’ordonner un complément d’information.
Habiba Kouider, 37 ans, comparaissait pour “prêche d’un culte non musulman sans autorisation”.
Le procureur de Tiaret avait requis le 20 mai trois ans de prison ferme contre cette éducatrice, arrêtée dans un bus de transport public en possession d’une dizaine de bibles, selon le président de l’Eglise protestante d’Algérie Mustapha Krim, ou 25 exemplaires, selon le ministère des Affaires religieuses.
L’exercice d’un culte en Algérie - musulman ou non musulman - est soumis à une double autorisation officielle, la première désignant le prédicateur et la seconde fixant le lieu du culte.
“Triste” et “choquant” pour Rama Yade
Dimanche, la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Rama Yade, avait pris la défense de Habiba Kouider. “C’est triste, c’est choquant, d’abord parce que cela contrevient à la déclaration universelle des droits de l’Homme”, qui proclame dans son article 18 la liberté de pensée, de conscience et de religion, avait-elle déclaré à Radio J.
“Conformément à l’article 18 de la déclaration universelle des droits de l’Homme et conformément à la tradition d’hospitalité de l’Algérie, je crois que ce serait bien d’avoir un geste de clémence”, a-t-elle ajouté.
Cas précédent d’un prêtre catholique français
“Le christianisme ne menace pas l’islam en Algérie”, a estimé Rama Yade. “Les chrétiens en Algérie sont 1% de la population, c’est-à-dire à peu près 11.500 personnes, 32 églises par rapport à 32.000 mosquées, donc je ne pense pas qu’il y ait une menace religieuse”.
La secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme a relevé qu’il ne s’agissait “pas du premier cas de ce type”, évoquant celui d’un prêtre catholique français, Pierre Wallez, condamné en avril à deux mois de prison avec sursis pour prosélytisme, par la cour d’appel de Tlemcen (ouest de l’Algérie).
“Mais j’ai confiance dans la tolérance du peuple algérien”, a encore indiqué Rama Yade.
Nouvelobs
McCain rejette le soutien d’un autre pasteur mai 24 2008
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Le pasteur Rod Parsley
Après avoir rejeté jeudi 22 mai le soutien que lui avait apporté un pasteur ayant tenu des propos scandaleux sur les juifs, le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain a officiellement rejeté le même jour dans la soirée celui d’un autre pasteur qui, lui, a décrit la religion musulmane comme “la religion de l’Antéchrist”.
Selon la chaîne ABC, le pasteur Rod Parsley, qui avait apporté son soutien au sénateur de l’Arizona en février, a également affirmé que Mahomet était le “porte-parole d’une conspiration d’esprit diabolique”.
“Je crois que ce genre de discours n’a pas sa place en Amérique et je crois que même si (ce pasteur) m’a apporté son soutien je ne le soutiens pas. Le fait est que je rejette ce discours et je rejette le soutien du pasteur”, a déclaré John McCain dans un communiqué diffusé jeudi soir.
Pourtant, lors d’un meeting au début de l’année dans l’Ohio, John McCain avait présenté le pasteur Parsley comme “l’un des grands dirigeants d’Amérique, une boussole morale et un guide spirituel”.
Le rejet du soutien du pasteur Hagee
Plus tôt dans la journée de jeudi, John McCain avait rejeté le soutien que lui avait apporté le pasteur John Hagee, connu pour ses diatribes anticatholiques et homophobes. Le candidat républicain avait renié le soutien du révérend Hagee après la diffusion sur internet d’un sermon de ce pasteur où il affirmait que la décision des nazis de chasser les juifs d’Europe était la volonté de Dieu.
Le révérend Hagee s’était récemment excusé auprès de la communauté catholique pour ses propos injurieux contre l’Eglise catholique qu’il avait qualifiée de “grande putain”.
En 2006, le pasteur Hagee avait également estimé que le cyclone Katrina, qui avait causé la mort d’environ 1.500 personnes dans le sud de la Louisiane, était une punition divine car La Nouvelle-Orléans avait accueilli une marche homosexuelle.
Ces affaires surviennent un mois après celle de l’ancien pasteur de Barack Obama, Jeremiah Wright, accusé d’avoir tenu des propos anti-américains.
Nouvelobs
Le président mauritanien reçoit Michèle Alliot-Marie mai 22 2008
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Le président mauritanien Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a reçu mercredi soir à Nouakchott la ministre française de l’Intérieur, de l’Outre mer et des collectivités territoriales, Michèle Alliot Marie.
Dans une déclaration à l’issue de l’audience, Mme Alliot Marie a déclaré avoir exprimé au président mauritanien sa reconnaissance et son admiration pour le travail, le savoir faire et la réussite totale de l’action de la police et de la gendarmerie mauritaniennes, ayant conduit à l’arrestation des auteurs présumés de l’assassinat des quatre touristes français en Mauritanie.
“Nous avons évoqué, poursuit la ministre, les risques que nous avons en commun et qui justifient le renforcement de notre coopération, étant donné le risque terroriste dans l’ensemble de la zone comme dans l’ensemble de l’Europe”.
Partant de cette donnée, la ministre a souligné le besoin de ” renforcer nos liens en matière de renseignements et d’analyses de la situation ainsi que nos capacités de travailler en commun”.
Elle a ajouté avoir évoqué tous les problèmes des filières de la drogue, “un problème pour nos pays, qui nécessite aussi une action commune”.
Mme Alliot Marie est arrivée mercredi à Nouakchott où elle doit prendre part à la 13ème Conférence des ministres de l’Intérieur des pays de la Méditerranée Occidentale, du 21 au 22 mai.
XINHUA
Tirs sur un Coran en Irak : la tension monte en Afghanistan mai 22 2008
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Un soldat de l’Otan et deux civils afghans ont trouvé la mort, jeudi 22 mai, lors d’une violente manifestation dans le centre de l’Afghanistan qui dénonçait la profanation d’un exemplaire du Coran par un soldat américain en Irak, selon une source militaire.
“Un soldat de l’Isaf et deux Afghans ont été tués. Un soldat de l’Isaf, sept civils afghans et 10 soldats afghans ont été blessés au cours d’une violente manifestation à Chaghcharan”, a déclaré à l’AFP le général Carlos Branco, porte-parole de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan.
10 policiers blessés
Le chef de la police de l’ouest de l’Afghanistan, Ikramuddin Yawar, avait auparavant fait état de la mort de deux manifestants, tués alors que quelque 300 policiers tentaient d’empêcher la foule en colère de pénétrer dans une base de l’Otan occupée par des soldats lituaniens, à Chaghcharan, dans la province de Ghor (centre).
Une dizaine de policiers auraient par ailleurs été blessés par des jets de pierre des manifestants, qui compteraient, quant à eux, quatre blessés dans leurs rangs, selon le gouverneur adjoint de la province, Ikramuddin Rezazada.
A Kaboul, la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan a confirmé qu’il y avait eu une manifestation à proximité d’une base de militaires lituaniens, sans donner de détails.
Tir sur le Coran
L’armée américaine a annoncé avoir renvoyé un de ses militaires qui avait tiré sur un exemplaire du Coran lors d’une séance de tir dans la périphérie ouest de Bagdad.
Mardi dernier, plusieurs dizaines de députés afghans avaient bruyamment quitté le Parlement pour protester contre la profanation du livre sacré des musulmans.
Le président américain George W. Bush avait lui-même appelé le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki pour s’excuser.
Quelque 70.000 soldats étrangers, dont plus de la moitié sont américains, sont déployés en Afghanistan dans le cadre de deux forces internationales, l’une sous le commandement de l’Otan (Isaf), l’autre dans le cadre d’une coalition sous commandement américain.
Nouvelobs
Le Coran cible de tire des américains! mai 21 2008
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BAGDAD (Reuters) - Le président George Bush a présenté ses excuses au nom d’un soldat américain qui a pris un exemplaire du Coran pour cible lors d’un entraînement au tir, annonce le cabinet du Premier ministre irakien, Nouri al Maliki.
Bush a présenté ses excuses à Maliki par téléphone, alors que celui-ci lui avait signalé que l’incident avait profondément choqué l’opinion publique irakienne.“Le président américain s’est excusé au nom des Etats-Unis (…) en promettant de présenter le soldat à la justice”, peut-on lire dans un communiqué publié par le cabinet de Maliki.Un porte-parole de l’ambassade américaine a indiqué que le président avait manifesté sa profonde inquiétude quant à “ce genre de comportement inacceptable pour un soldat américain”.Le soldat en question a été sanctionné et renvoyé aux Etats-Unis lui lorsqu’un exemplaire du Coran criblé de balles a été retrouvé sur un stand de tir.En Irak, des officiers américains ont organisé une cérémonie d’excuses officielles au cours de laquelle ils ont offert un nouvel exemplaire du livre sacré des musulmans à des chefs tribaux dans le secteur où s’est déroulé l’incident.Le porte-parole du gouvernement irakien, Ali al Dabbagh, a pour sa part estimé insuffisantes les excuses de Bush. “Il faut que le soldat en question soit jugé pour ce crime très grave. Des excuses ne suffisent pas”, a-t-il dit.Le gouvernement irakien a, de son côté, estimé que l’armée américaine devrait également former ses soldats à respecter l’islam et ses lieux saints.Ross Colvin, version française Olivier Guillemain et Jean-Loup Fiévet
L’armée, les islamistes la démocratie et moi. mai 15 2008
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Un an après son investiture, le chef de l’Etat mauritanien fait le bilan de son action. Entre Satisfactions et frustrations, il revient sur le lent apprentissage de la démocratie dans un pays longtemps dirigé par les militaires.« Le développement ne se fait pas d’un coup de baguette magique »
« Mes compatriotes souhaitent la démocratie dans certains cas, pas dans d’autres. »
« Je ne vais pas me justifier de prier, tout de même ! »
« Juger Ould Taya ? La question ne se pose pas. »
Investi le 19 avril 2007 après avoir été élu président de la Mauritanie avec 52.85% des suffrages exprimés, Sidi Ould Cheikh Abdallahi aura vécu une première année pénible. Elu en toute transparence à la tête de l’Etat, après les vingt-neuf années que la Mauritanie avait passées sous un pouvoir militaires, il avait pour principale objectif d’installer la démocratie et de renforcer l’unité nationale.L’euphorie aura été de courte durée. Flambée des cours mondiaux des hydrocarbures conjuguée à la chute de la production nationale, crise alimentaires, multiplications d’actions terroristes qui ont considérablement terni l’images du pays.
Autant de difficultés supplémentaires pour un chef d’Etat déjà confronté à l’impatience d’une population dont les espérances sont proportionnelles aux souffrances qu’elle a endurées sous le régime de Maaouiya Ould Taya. « Sidi », comme l’appellent ses compatriotes, est née en1938 a Aleg, dans la région du Brakna, au sud–est de Nouakchott. Il appartient à une famille maraboutique influente, membre de la confrérie tidjane. Ses études le mènent en France, ou il obtient un diplôme d’études approfondies (DEA) en économie.
Quand il rentre au pays, en1968, la Mauritanie de Moktar Ould Daddah a le plus urgent besoin de cadres. Son ascension est fulgurante. Dés 1971, à l’age de de33ans, il fait son entrée au gouvernement : il sera successivement Ministre du Développement Industriel, de la Planification de l’Economie, du Développement rural. Jusqu’au coup d’Etat du 10 juillet 1978, qui emporta le régime de Ould Daddah.
Quand les militaires prennent le pouvoir, tout bascule : séjour en prison, libération puis installation dans un quartier populaire de Nouakchott. Il n’a plus de travail, doit faire appel à la solidarité des proches.
En1982, il décide de s’exiler au Koweït, ou il occupe un poste de conseiller économique au Fonds koweitien pour le Développement. La vie redevient confortable, mais il a le mal du pays.
Quand, en 1984, le Colonel Maaouiya Ould Taya renverse Mohamed Khouna Ould Haidalla, il accepte de rentrer à Nouakchott. I l se verra confier les ministères de l’Hydraulique, puis celui des Pêches - un secteur stratégique de l’économie mauritanienne.
En 1987, nouvelle, épreuve : il est limogé et placé en résidence surveillé à la suite d’une affaire jamais élucidée . Il avait entrepris de nettoyer ce milieu notoirement corrompu. Il a certainement dû se heurter à quelques « gros poissons »…
En 1989, il retourne au Fonds Koweitien qui le dépêche auprès du gouvernement du Niger, à Niamey, où il coule, jusqu’en 2003, des jours paisibles avant de rentrer à Nouakchott.
Après le « putsch de velours » qui, le 3 août 2005, met fin au régime d’Ould Taya, il envisage son retour en politique. Il sera le premier, en juillet 2006, à annoncer sa candidature présidentielle.
Sidi Ould Cheikh Abdallahi nous a reçu dans son bureau du palais présidentiel de Nouakchott, en présence de Sidi Mohamed Ould Amajar, son directeur de cabinet, et Idoumou Ould Mohamed Lemine, conseiller du chef de l’Etat.
Sa voix est douce, son débit mesuré. Il fait montre d’une extrême courtoisie. L’entretien qu’il nous a accordé révèle un démocrate convaincu. Trop, au goût de ses détracteurs, qui voient en lui un faible qui ne tient pas avec la fermeté requise les rênes d’un pays aux équilibres fragiles.
Il s’explique avec franchise – voire avec un soupçon de naïveté -, persuadé que la voie empruntée portera bientôt ses fruits. Peu enclin à livrer le fond de sa pensée sur Maaouiya Ould Taya - par peur que ses propos soient mal interprétés voire utilisés, nous a-t-il expliqué, sur les relations avec Ely Ould Mohamed Vall et Israël et les militaires, Sidi Ould Cheikh Abdallahi sait que son style et sa méthode déroutent. Erreur de casting pour les uns, question de temps pour les autres : l’avenir dira s’il a les épaules assez larges pour diriger la Mauritanie. Lui, en tout cas, n’en doute pas.
Jeune Afrique : il y a peu plus d’un an au lendemain de votre investiture, vous annonciez un « changement profond basé sur la démocratisation du pays et l’unité nationale ». Promesse tenue ?
Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi : Je crois. Concernant la démocratie, les deux chambres du parlement jouent désormais un vrai rôle, dans la transparence la plus totale. Les débats sont d’ailleurs retransmis 0 la télévision .La justice fonctionne de manière totalement indépendant, la presse n’a été l’objet d’aucune censure et nous avons procédé à libération des ondes. Les libertés individuelles sont garanties.
Quant à l’unité nationale, nous avons tenu nos engagements. Dès le mois de juin dernier, nous avons organisé le retour des réfugiés négro-mauritaniens (qui avaient fui le pays mauritaniens à la suite tragique des événements d’avril 1989 marqués par les affrontements entre cette communauté et les maures, Ndlr) Plus de 2400 d’entre eux sont rentrés et le processus se poursuit. Enfin, nous avons promulgué une loi criminalisant l’esclavage, dont notre pays a beaucoup souffert. Nous sommes fermement décidés à l’appliquer.
Votre première année à la tête de l’Etat a été marquée par les difficultés : dramatique hausse des prix et mécontentement de la population, faible pluviosité, actes terroristes, désillusion pétrolière…

Il me semble que nous avons plutôt bien géré tous ces événements. Malgré la mauvaise conjoncture, notre taux de croissance hors pétrole - qui traduit plus fidèlement les efforts d’un pays comme le nôtre - a été de 5.5% en 2007. Nous avons tenu le coup et assuré une saine gestion de nos finances publiques.
Notamment grâce à de considérables efforts en matière de recouvrement des recettes fiscales et à la limitation des dépenses publiques, malgré une forte pression sociale. Ce qui ne nous a pas empêchés de répondre, de manière raisonnable, aux besoins de la population. Je constate cependant que l’on présente souvent la situation de la Mauritanie de manière plus négative qu’elle ne l’est en réalité.
Avec tout ce que nous avons vécu au cours de cette année, je trouve que nous nous en sortons plutôt bien. Nous avons, en tout cas, fait le maximum dans un contexte extrêmement difficile et sur lequel nous avions peu de prise. Je comprends l’impatience des mauritaniens, qui ont beaucoup souffert. Mais le développement ne se fait pas d’un coup de baguette magique.
Certains vous reprochent deux erreurs majeures. La première : avoir fait table rase de l’administration en place, qui maîtrisait les dossiers, et avoir ainsi perdu du temps dans la mise en place des réformes. La seconde : avoir sous-estimé la menace terroriste. Que leur répondez-vous ?
Il faut relativiser. Je me suis retrouvé au lendemain des élections avec la majorité du personnel politique de ce pays qui n’appartenait à aucun parti. La plupart des membres du parti Ould Taya, le Parti Républicain Démocratique et Social (PRDS) avaient quitté ce dernier pour se déclarer « indépendants ». Ceux qui ont critiqué l’aspect technocratique et l’absence de teinte politique de mon gouvernement n’ont pas compris que je ne pouvais faire autrement.
Les indépendants ne représentent qu’eux-mêmes et leur nomination à tel poste n’engage personne d’autre. Quant à l’administration, nous n’avons quasiment pas touché à ceux que nous avons trouvés en place. Surtout quand ils appartenaient à l’opposition. (Rires)

Et votre perception de la menace terroriste ?
Ces accusations rejoignent celles relatives à ma prétendue faiblesse vis-à-vis des islamistes. Je voudrais préciser une chose fondamentale. Quant nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons trouvé des gens qui croupissaient en prison depuis plus de deux ans sans avoir été jugés. Ce n’était pas acceptable. Nous avons exigé leur jugement, comme dans tout système démocratique.
Certains d’entre eux ont été condamnés à des peines légères. J’en ai été très malheureux, parce que je détenais des informations qui démontraient leur dangerosité. Mais on ne peut vouloir la démocratie et en écarter les principes à la première occasion. Nous avons réagi de la seul manière possible dans se cadre en faisant appel a ces condamnations.
Ensuite, les juges font leur travail, en leur âme et conscience, et la justice est souveraine. De la même manière, j’ai autorisé le parti islamiste de Jemil Ould Mansour – un parti modéré et dans l’opposition, faut-il le rappeler- parce qu’il ne me semble pas concevable d’interdire à ses membres de faire de la politique tant que cela s’inscrit dans le cadre prévu par la loi. On me l’a beaucoup reproché, mais je pense que ce parti peut nous aider à lutter contre le terrorisme et l’intégrisme.
Aux yeux de beaucoup d’Occidentaux, la Mauritanie devient un pays islamiste. Outre les événements dont nous venons de parler, il y a également eu le retour du Week-end musulman, la fermeture d’un certain nombre de discothèques ou de bars, les restrictions de vente d’alcool…
Vous pouvez ajouter la construction d’une mosquée dans l’enceinte du palais présidentiel (rires)…Tout cela est caricatural. Le retour au week-end musulman correspond à une demande sociale. Pourquoi s’étonne-t-on que les gens ne travaillent pas le vendredi, principal jour de prière, dans un pays musulman ? J’ajoute que cela n’empêche pas la Mauritanie de fonctionner.
Quant à la mosquée du palais, je ne vais pas me justifier de prier, tout de même ! Pour des raisons évidentes, c’est plus pratique que de me rendre à la grande mosquée. Et comme nous hébergeons régulièrement dans cette enceinte des dirigeants musulmans en visite, c’est aussi plus simple pour eux. Il ne faut pas chercher plus loin.
Quant à l’alcool, aucune décision n’a été prise par le gouvernement pour en interdire la vente. La réalité, c’est qu’il s’agit d’un phénomène cyclique chez nous. Parfois, la consommation d’alcool en Public dérange. Les gens sont alors, d’eux-mêmes, plus vigilants.
Aucun regret, donc ?
Vis-à-vis du respect de mes idéaux et de mon programme, non, je n’ai pas de regrets. Par contre, je dois reconnaître qu’au lendemain de mon élection je ne connaissais pas la réalité de mon pays aussi bien qu’aujourd’hui. J’ai appris que nombre de mes compatriotes souhaitent la démocratie dans certains cas, pas dans d’autres. Ils ont voulu un changement profond mais, dans leur vie quotidienne, ils font tout pour que rien ne change. Il veulent la liberté, mais s’étonnent encore qu’on autorise des manifestations. Ils prennent cela pour de la faiblesse. J’ai sous-estimé ces difficultés.
Pour certains, justement, démocratie rime avec faiblesse…
Cela fait partie de l’apprentissage démocratique. Les Mauritaniens ne sont pas toujours conscients du fait que la démocratie a un prix. Cela signifie qu’il faut parfois laisser faire des choses avec lesquelles on n’est pas d’accord. Certains pensent que la liberté se mérite, qu’elle ne concerne pas tout le monde. Les uns y ont droit, les autres il faut leur taper dessus. Je ne suis pas d’accord avec cette vision. Il y a des règles, elles sont valables pour tous.
La rumeur évoque avec insistance un remaniement ministériel. Allez-vous procéder à des changements au sein du gouvernement ?
Ainsi va la vie politique mauritanienne. Pas une semaine ne s’écoule sans que de telles rumeurs se propagent. Et cela ne date pas d’aujourd’hui.
Vous ne répondez pas à la question…
Vous verrez bien. Mais rien ne nous empêche, un an après, de procéder à quelques retouches…
Selon vous, de quoi la Mauritanie a-t-elle le plus besoin aujourd’hui ?
De développement. Le seul danger qui peut menacer notre démocratie serait de ne pas en tenir compte.
Quel regard portez-vous a posteriori sur la période de transition menée par les militaires ?
Ils ont achevé leur mission qui consistait à organiser des élections transparentes, pour la première fois dans l’histoire de ce pays. Et ils ont tenu tous leurs engagements.
La rumeur veut qu’un certain nombre de ses membres, et plus particulièrement le Colonel Ould Abdalahi Aziz, tire encore les ficelles dans l’ombre…
Cela me surprend toujours que l’on puisse considérer ce genre de rumeurs comme sérieuses. Ou alors il faudrait que l’on me dise, parmi les mesures que nous avons prises depuis un an, les quelles auraient été dictés par le Colonel Ould Abdel Aziz – qui est aujourd’hui mon chef d’Etat – Major particulier- ou par un autre. Je note que ce thème avait déjà été utilisé par l’opposition lors de la campagne présidentielle. Elle continue, c’est tout.
Vous êtes le premier civil chef d’Etat depuis Moktar Ould Daddah (victime d’un coup d’Etat en 1978, Ndlr). L’armée peut-elle un jour revenir au pouvoir ?
Je n’en sais rien. Par contre, ce que je peux vous dire c’est que depuis que je suis ici, l’armée joue son rôle d’institution républicaine de manière exemplaire.
Pourquoi avoir créé le Pacte National pour la Démocratie et le Développement (PNDD), parti de la majorité présidentielle ?
Pour les mêmes raisons que j’ai évoquées tout à l’heure. Il fallait fixer politiquement les indépendants, majoritaires au parlement. Comme la plupart d’entre eux m’avaient soutenu pendant la présidentielle, ils pouvaient donc se retrouver au sein d’une formation qui soutienne le gouvernement et notre programme.
Vos détracteurs, ainsi que le Président de l’Assemblée Nationale Messoud Ould Boulkheir (qui a soutenu la candidature de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la présidentielle de mars 2007) y ont vu le retour du parti-Etat…
En grande partie parce que le Président du PNDD est le Ministre secrétaire Général de la Présidence ? Yahya Ould Ahmed El Waghf (l’interview date du dimanche 4 mai 2008, Ndlr). Ils craignent certainement que ce parti, qui n’est pas le mien, utilise les moyens de l’Etat. Mais je peux vous certifier que pas une seul Ouguiya ne sort des caisses de l’Etat à son profit.
Quels sont vos rapports avec les partis de l’opposition ?
Ils sont très étroits et courtois. Dès mon élection, j’ai discuté avec Ahmed Ould Daddah (Président du Rassemblement des Forces Démocratiques et leader de l’opposition NDLR). Je lui ai exposé mes projets et ma méthode. Il est le chef de l’opposition, il jouit d’un statut, et l’État met à sa disposition des moyens. Il occupe même le quatrième rang protocolaire de l’État.
Nous nous rencontrons, comme les textes le prévoient, tous les trois mois, pour débattre des grands sujets qui concernent la Mauritanie. Je reçois toujours les membres de l’opposition quand ils demandent à me voir. Nous discutons, même si je ne suis pas persuadé que ce dialogue soit très utile. Certains préfèrent souvent camper sur leurs positions, par principe plutôt que par conviction.
Dans le cadre du règlement du passif humanitaire, un de vos engagements lors de la campagne présidentielle consistait à régler la question des victimes de tortures et d’exaction sous le régime de Maaouiya Ould Taya. Où en est-on ?
Nous avons organisé des journées de concertation nationale. Cela a abouti à la décision de mettre en place une commission, composée de membres du gouvernement, du Président de la Commission des Droits de l’Homme, des Chefs d’Etat Major des forces de sécurité ainsi que de cinq personnalités de la société civile. Le choix de ces cinq dernières est encore en cours de discussion, car il est impératif qu’il soit consensuel.
Cette commission aura-t-elle la capacité d’engager des poursuites judiciaires ?
Non, il n’est pas question de cela. Il faut venir en aide aux victimes, mais préserver la Mauritanie de tout conflit.
Quel bilan faites-vous de l’ère Ould Taya ?
(Long silence). Tout ce que je peux vous dire c’est que nous devons assumer cette période et répondre aux attentes d’une population qui a voulu tourner cette page.
Entretenez-vous des contacts avec lui ?
Non.
Il vit en exil au Qatar. Son retour en Mauritanie est-il envisageable ?
La question se posera quand il en exprimera l’envie.
Mais s’il en émettait le souhait, quelle serait votre position ?
Qu’il se prononce d’abord, je vous répondrai en suite…
Faut-il le juger ?
Franchement, la question ne se pose pas. Pas à mon gouvernement en tout cas.
Comptez-vous revenir sur la reconnaissance d’Israël, imposée par Taya en 1999 ?
Non. Pas pour le moment.
Quelles relations entretenez-vous avec l’Algérie et le Maroc ? La Mauritanie n’est-elle pas contrainte à un périlleux exercice d’équilibrisme ?
S’il s’agit pour nous, comme vous le dite, d’équilibrisme, alors c’est réussi ! Nous entretenons d’excellentes relations avec nos deux voisins.
Le dossier du Sahara occidental empoisonne les relations entre le Maroc et l’Algérie depuis plus de trente ans. Quelle est la position de la Mauritanie ?
Elle est claire : nous nous en remettons à l’arbitrage des Nations Unies.
A ce propos, le représentant du secrétaire Général de l’ONU, Peter Van Walsun, a déclaré récemment qu’un Sahara indépendant n’était pas une proposition réaliste. Comment réagissez-vous ?
J’ai pris note de ces déclarations et j’en tiens compte…
Vous intéressez-vous à l’élection présidentielle américaine ?
Évidemment. Je peux même dire que je suis rassuré par le déroulement des primaires démocrates. Une femme et un noir se disputent une place en finale, si je puis dire. C’est une révolution !
Comment envisagez-vous vos relations avec la France ?
Elles sont très bonnes et le resterons. Le Président Sarkozy, lors de notre rencontre en octobre dernier, a manifesté un appui indéfectible à notre expérience démocratique. La France nous soutien. Plus d’ailleurs que ce que nous attendions d’elle. Elle a même tenu à nous associer à son projet d’Union pour la Méditerranée, avec lequel nous sommes d’accord. Même si nous attendons une définition plus précise de ses contours.
Vous avez donc digéré l’épisode de l’annulation du rallye Paris Dakar ?
Oui, même si j’ai regretté la médiatisation qui a été faite autour de cette affaire et qui a terni l’image de mon pays. Mais ce genre de chose arrive, malheureusement.
Mouammar Kaddafi avait qualifié, en mars 2007, les mauritaniens de « bédouins pauvres et fatigués » et raillé le système démocratique du pays mis en place « sous la pression occidentale ». La nature de vos relations semble démontrer que vous n’êtes pas rancunier…
Vous avez bonne mémoire.. Un peut trop ! Sérieusement, Kaddafi a toujours été attaché à mon pays et, surtout, à ses valeurs. Il a connu, disons, des difficultés avec quelques dirigeants mauritaniens. Nous nous voyons régulièrement et ces problèmes sont dépassés. Je dirais même que nos relations sont excellentes. Mais il est vrai que nous partons de loin.
Jean Ping vient de succéder à Alpha Oumar Konaré à la tête de la commission de l’Union africaine. Qu’attendez-vous de lui ?
Tout simplement qu’il règle les problèmes soulevés par le Président Konaré. Si nous voulons cette unité africaine, il faut s’en donner les moyens.
Quel personnalité vous a le plus marqué ?
Moktar Ould Daddah.
Le pouvoir grise, dit-on. C’est comme une ivresse, une drogue. Avez-vous changé à son contact ?
Franchement, cette drogue dont vous parlez n’agit pas sur moi. Par contre, je suis beaucoup plus sujet au stress !
Propos recueillis par Marwane Ben Yahmed, à Nouakchott Jeune Afrique
Un an après son investiture, le chef de l’Etat mauritanien fait le bilan de son action. Entre Satisfactions et frustrations, il revient sur le lent apprentissage de la démocratie dans un pays longtemps dirigé par les militaires.« Le développement ne se fait pas d’un coup de baguette magique »
« Mes compatriotes souhaitent la démocratie dans certains cas, pas dans d’autres. »
« Je ne vais pas me justifier de prier, tout de même ! »
« Juger Ould Taya ? La question ne se pose pas. »
Investi le 19 avril 2007 après avoir été élu président de la Mauritanie avec 52.85% des suffrages exprimés, Sidi Ould Cheikh Abdallahi aura vécu une première année pénible. Elu en toute transparence à la tête de l’Etat, après les vingt-neuf années que la Mauritanie avait passées sous un pouvoir militaires, il avait pour principale objectif d’installer la démocratie et de renforcer l’unité nationale.L’euphorie aura été de courte durée. Flambée des cours mondiaux des hydrocarbures conjuguée à la chute de la production nationale, crise alimentaires, multiplications d’actions terroristes qui ont considérablement terni l’images du pays.
Autant de difficultés supplémentaires pour un chef d’Etat déjà confronté à l’impatience d’une population dont les espérances sont proportionnelles aux souffrances qu’elle a endurées sous le régime de Maaouiya Ould Taya. « Sidi », comme l’appellent ses compatriotes, est née en1938 a Aleg, dans la région du Brakna, au sud–est de Nouakchott. Il appartient à une famille maraboutique influente, membre de la confrérie tidjane. Ses études le mènent en France, ou il obtient un diplôme d’études approfondies (DEA) en économie.
Quand il rentre au pays, en1968, la Mauritanie de Moktar Ould Daddah a le plus urgent besoin de cadres. Son ascension est fulgurante. Dés 1971, à l’age de de33ans, il fait son entrée au gouvernement : il sera successivement Ministre du Développement Industriel, de la Planification de l’Economie, du Développement rural. Jusqu’au coup d’Etat du 10 juillet 1978, qui emporta le régime de Ould Daddah.
Quand les militaires prennent le pouvoir, tout bascule : séjour en prison, libération puis installation dans un quartier populaire de Nouakchott. Il n’a plus de travail, doit faire appel à la solidarité des proches.
En1982, il décide de s’exiler au Koweït, ou il occupe un poste de conseiller économique au Fonds koweitien pour le Développement. La vie redevient confortable, mais il a le mal du pays.
Quand, en 1984, le Colonel Maaouiya Ould Taya renverse Mohamed Khouna Ould Haidalla, il accepte de rentrer à Nouakchott. I l se verra confier les ministères de l’Hydraulique, puis celui des Pêches - un secteur stratégique de l’économie mauritanienne.
En 1987, nouvelle, épreuve : il est limogé et placé en résidence surveillé à la suite d’une affaire jamais élucidée . Il avait entrepris de nettoyer ce milieu notoirement corrompu. Il a certainement dû se heurter à quelques « gros poissons »…
En 1989, il retourne au Fonds Koweitien qui le dépêche auprès du gouvernement du Niger, à Niamey, où il coule, jusqu’en 2003, des jours paisibles avant de rentrer à Nouakchott.
Après le « putsch de velours » qui, le 3 août 2005, met fin au régime d’Ould Taya, il envisage son retour en politique. Il sera le premier, en juillet 2006, à annoncer sa candidature présidentielle.
Sidi Ould Cheikh Abdallahi nous a reçu dans son bureau du palais présidentiel de Nouakchott, en présence de Sidi Mohamed Ould Amajar, son directeur de cabinet, et Idoumou Ould Mohamed Lemine, conseiller du chef de l’Etat.
Sa voix est douce, son débit mesuré. Il fait montre d’une extrême courtoisie. L’entretien qu’il nous a accordé révèle un démocrate convaincu. Trop, au goût de ses détracteurs, qui voient en lui un faible qui ne tient pas avec la fermeté requise les rênes d’un pays aux équilibres fragiles.
Il s’explique avec franchise – voire avec un soupçon de naïveté -, persuadé que la voie empruntée portera bientôt ses fruits. Peu enclin à livrer le fond de sa pensée sur Maaouiya Ould Taya - par peur que ses propos soient mal interprétés voire utilisés, nous a-t-il expliqué, sur les relations avec Ely Ould Mohamed Vall et Israël et les militaires, Sidi Ould Cheikh Abdallahi sait que son style et sa méthode déroutent. Erreur de casting pour les uns, question de temps pour les autres : l’avenir dira s’il a les épaules assez larges pour diriger la Mauritanie. Lui, en tout cas, n’en doute pas.*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-
Jeune Afrique : il y a peu plus d’un an au lendemain de votre investiture, vous annonciez un « changement profond basé sur la démocratisation du pays et l’unité nationale ». Promesse tenue ?
Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi : Je crois. Concernant la démocratie, les deux chambres du parlement jouent désormais un vrai rôle, dans la transparence la plus totale. Les débats sont d’ailleurs retransmis 0 la télévision .La justice fonctionne de manière totalement indépendant, la presse n’a été l’objet d’aucune censure et nous avons procédé à libération des ondes. Les libertés individuelles sont garanties.
Quant à l’unité nationale, nous avons tenu nos engagements. Dès le mois de juin dernier, nous avons organisé le retour des réfugiés négro-mauritaniens (qui avaient fui le pays mauritaniens à la suite tragique des événements d’avril 1989 marqués par les affrontements entre cette communauté et les maures, Ndlr) Plus de 2400 d’entre eux sont rentrés et le processus se poursuit. Enfin, nous avons promulgué une loi criminalisant l’esclavage, dont notre pays a beaucoup souffert. Nous sommes fermement décidés à l’appliquer.
Votre première année à la tête de l’Etat a été marquée par les difficultés : dramatique hausse des prix et mécontentement de la population, faible pluviosité, actes terroristes, désillusion pétrolière…
Il me semble que nous avons plutôt bien géré tous ces événements. Malgré la mauvaise conjoncture, notre taux de croissance hors pétrole - qui traduit plus fidèlement les efforts d’un pays comme le nôtre - a été de 5.5% en 2007. Nous avons tenu le coup et assuré une saine gestion de nos finances publiques.
Notamment grâce à de considérables efforts en matière de recouvrement des recettes fiscales et à la limitation des dépenses publiques, malgré une forte pression sociale. Ce qui ne nous a pas empêchés de répondre, de manière raisonnable, aux besoins de la population. Je constate cependant que l’on présente souvent la situation de la Mauritanie de manière plus négative qu’elle ne l’est en réalité.
Avec tout ce que nous avons vécu au cours de cette année, je trouve que nous nous en sortons plutôt bien. Nous avons, en tout cas, fait le maximum dans un contexte extrêmement difficile et sur lequel nous avions peu de prise. Je comprends l’impatience des mauritaniens, qui ont beaucoup souffert. Mais le développement ne se fait pas d’un coup de baguette magique.
Certains vous reprochent deux erreurs majeures. La première : avoir fait table rase de l’administration en place, qui maîtrisait les dossiers, et avoir ainsi perdu du temps dans la mise en place des réformes. La seconde : avoir sous-estimé la menace terroriste. Que leur répondez-vous ?
Il faut relativiser. Je me suis retrouvé au lendemain des élections avec la majorité du personnel politique de ce pays qui n’appartenait à aucun parti. La plupart des membres du parti Ould Taya, le Parti Républicain Démocratique et Social (PRDS) avaient quitté ce dernier pour se déclarer « indépendants ». Ceux qui ont critiqué l’aspect technocratique et l’absence de teinte politique de mon gouvernement n’ont pas compris que je ne pouvais faire autrement.
Les indépendants ne représentent qu’eux-mêmes et leur nomination à tel poste n’engage personne d’autre. Quant à l’administration, nous n’avons quasiment pas touché à ceux que nous avons trouvés en place. Surtout quand ils appartenaient à l’opposition. (Rires)
Et votre perception de la menace terroriste ?
Ces accusations rejoignent celles relatives à ma prétendue faiblesse vis-à-vis des islamistes. Je voudrais préciser une chose fondamentale. Quant nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons trouvé des gens qui croupissaient en prison depuis plus de deux ans sans avoir été jugés. Ce n’était pas acceptable. Nous avons exigé leur jugement, comme dans tout système démocratique.
Certains d’entre eux ont été condamnés à des peines légères. J’en ai été très malheureux, parce que je détenais des informations qui démontraient leur dangerosité. Mais on ne peut vouloir la démocratie et en écarter les principes à la première occasion. Nous avons réagi de la seul manière possible dans se cadre en faisant appel a ces condamnations.
Ensuite, les juges font leur travail, en leur âme et conscience, et la justice est souveraine. De la même manière, j’ai autorisé le parti islamiste de Jemil Ould Mansour – un parti modéré et dans l’opposition, faut-il le rappeler- parce qu’il ne me semble pas concevable d’interdire à ses membres de faire de la politique tant que cela s’inscrit dans le cadre prévu par la loi. On me l’a beaucoup reproché, mais je pense que ce parti peut nous aider à lutter contre le terrorisme et l’intégrisme.
Aux yeux de beaucoup d’Occidentaux, la Mauritanie devient un pays islamiste. Outre les événements dont nous venons de parler, il y a également eu le retour du Week-end musulman, la fermeture d’un certain nombre de discothèques ou de bars, les restrictions de vente d’alcool…
Vous pouvez ajouter la construction d’une mosquée dans l’enceinte du palais présidentiel (rires)…Tout cela est caricatural. Le retour au week-end musulman correspond à une demande sociale. Pourquoi s’étonne-t-on que les gens ne travaillent pas le vendredi, principal jour de prière, dans un pays musulman ? J’ajoute que cela n’empêche pas la Mauritanie de fonctionner.
Quant à la mosquée du palais, je ne vais pas me justifier de prier, tout de même ! Pour des raisons évidentes, c’est plus pratique que de me rendre à la grande mosquée. Et comme nous hébergeons régulièrement dans cette enceinte des dirigeants musulmans en visite, c’est aussi plus simple pour eux. Il ne faut pas chercher plus loin.
Quant à l’alcool, aucune décision n’a été prise par le gouvernement pour en interdire la vente. La réalité, c’est qu’il s’agit d’un phénomène cyclique chez nous. Parfois, la consommation d’alcool en Public dérange. Les gens sont alors, d’eux-mêmes, plus vigilants.
Aucun regret, donc ?
Vis-à-vis du respect de mes idéaux et de mon programme, non, je n’ai pas de regrets. Par contre, je dois reconnaître qu’au lendemain de mon élection je ne connaissais pas la réalité de mon pays aussi bien qu’aujourd’hui. J’ai appris que nombre de mes compatriotes souhaitent la démocratie dans certains cas, pas dans d’autres. Ils ont voulu un changement profond mais, dans leur vie quotidienne, ils font tout pour que rien ne change. Il veulent la liberté, mais s’étonnent encore qu’on autorise des manifestations. Ils prennent cela pour de la faiblesse. J’ai sous-estimé ces difficultés.
Pour certains, justement, démocratie rime avec faiblesse…
Cela fait partie de l’apprentissage démocratique. Les Mauritaniens ne sont pas toujours conscients du fait que la démocratie a un prix. Cela signifie qu’il faut parfois laisser faire des choses avec lesquelles on n’est pas d’accord. Certains pensent que la liberté se mérite, qu’elle ne concerne pas tout le monde. Les uns y ont droit, les autres il faut leur taper dessus. Je ne suis pas d’accord avec cette vision. Il y a des règles, elles sont valables pour tous.
La rumeur évoque avec insistance un remaniement ministériel. Allez-vous procéder à des changements au sein du gouvernement ?
Ainsi va la vie politique mauritanienne. Pas une semaine ne s’écoule sans que de telles rumeurs se propagent. Et cela ne date pas d’aujourd’hui.
Vous ne répondez pas à la question…
Vous verrez bien. Mais rien ne nous empêche, un an après, de procéder à quelques retouches…
Selon vous, de quoi la Mauritanie a-t-elle le plus besoin aujourd’hui ?
De développement. Le seul danger qui peut menacer notre démocratie serait de ne pas en tenir compte.
Quel regard portez-vous a posteriori sur la période de transition menée par les militaires ?
Ils ont achevé leur mission qui consistait à organiser des élections transparentes, pour la première fois dans l’histoire de ce pays. Et ils ont tenu tous leurs engagements.
La rumeur veut qu’un certain nombre de ses membres, et plus particulièrement le Colonel Ould Abdalahi Aziz, tire encore les ficelles dans l’ombre…
Cela me surprend toujours que l’on puisse considérer ce genre de rumeurs comme sérieuses. Ou alors il faudrait que l’on me dise, parmi les mesures que nous avons prises depuis un an, les quelles auraient été dictés par le Colonel Ould Abdel Aziz – qui est aujourd’hui mon chef d’Etat – Major particulier- ou par un autre. Je note que ce thème avait déjà été utilisé par l’opposition lors de la campagne présidentielle. Elle continue, c’est tout.
Vous êtes le premier civil chef d’Etat depuis Moktar Ould Daddah (victime d’un coup d’Etat en 1978, Ndlr). L’armée peut-elle un jour revenir au pouvoir ?
Je n’en sais rien. Par contre, ce que je peux vous dire c’est que depuis que je suis ici, l’armée joue son rôle d’institution républicaine de manière exemplaire.
Pourquoi avoir créé le Pacte National pour la Démocratie et le Développement (PNDD), parti de la majorité présidentielle ?
Pour les mêmes raisons que j’ai évoquées tout à l’heure. Il fallait fixer politiquement les indépendants, majoritaires au parlement. Comme la plupart d’entre eux m’avaient soutenu pendant la présidentielle, ils pouvaient donc se retrouver au sein d’une formation qui soutienne le gouvernement et notre programme.
Vos détracteurs, ainsi que le Président de l’Assemblée Nationale Messoud Ould Boulkheir (qui a soutenu la candidature de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la présidentielle de mars 2007) y ont vu le retour du parti-Etat…
En grande partie parce que le Président du PNDD est le Ministre secrétaire Général de la Présidence ? Yahya Ould Ahmed El Waghf (l’interview date du dimanche 4 mai 2008, Ndlr). Ils craignent certainement que ce parti, qui n’est pas le mien, utilise les moyens de l’Etat. Mais je peux vous certifier que pas une seul Ouguiya ne sort des caisses de l’Etat à son profit.
Quels sont vos rapports avec les partis de l’opposition ?
Ils sont très étroits et courtois. Dès mon élection, j’ai discuté avec Ahmed Ould Daddah (Président du Rassemblement des Forces Démocratiques et leader de l’opposition NDLR). Je lui ai exposé mes projets et ma méthode. Il est le chef de l’opposition, il jouit d’un statut, et l’État met à sa disposition des moyens. Il occupe même le quatrième rang protocolaire de l’État.
Nous nous rencontrons, comme les textes le prévoient, tous les trois mois, pour débattre des grands sujets qui concernent la Mauritanie. Je reçois toujours les membres de l’opposition quand ils demandent à me voir. Nous discutons, même si je ne suis pas persuadé que ce dialogue soit très utile. Certains préfèrent souvent camper sur leurs positions, par principe plutôt que par conviction.
Dans le cadre du règlement du passif humanitaire, un de vos engagements lors de la campagne présidentielle consistait à régler la question des victimes de tortures et d’exaction sous le régime de Maaouiya Ould Taya. Où en est-on ?
Nous avons organisé des journées de concertation nationale. Cela a abouti à la décision de mettre en place une commission, composée de membres du gouvernement, du Président de la Commission des Droits de l’Homme, des Chefs d’Etat Major des forces de sécurité ainsi que de cinq personnalités de la société civile. Le choix de ces cinq dernières est encore en cours de discussion, car il est impératif qu’il soit consensuel.
Cette commission aura-t-elle la capacité d’engager des poursuites judiciaires ?
Non, il n’est pas question de cela. Il faut venir en aide aux victimes, mais préserver la Mauritanie de tout conflit.
Quel bilan faites-vous de l’ère Ould Taya ?
(Long silence). Tout ce que je peux vous dire c’est que nous devons assumer cette période et répondre aux attentes d’une population qui a voulu tourner cette page.
Entretenez-vous des contacts avec lui ?
Non.
Il vit en exil au Qatar. Son retour en Mauritanie est-il envisageable ?
La question se posera quand il en exprimera l’envie.
Mais s’il en émettait le souhait, quelle serait votre position ?
Qu’il se prononce d’abord, je vous répondrai en suite…
Faut-il le juger ?
Franchement, la question ne se pose pas. Pas à mon gouvernement en tout cas.
Comptez-vous revenir sur la reconnaissance d’Israël, imposée par Taya en 1999 ?
Non. Pas pour le moment.
Quelles relations entretenez-vous avec l’Algérie et le Maroc ? La Mauritanie n’est-elle pas contrainte à un périlleux exercice d’équilibrisme ?
S’il s’agit pour nous, comme vous le dite, d’équilibrisme, alors c’est réussi ! Nous entretenons d’excellentes relations avec nos deux voisins.
Le dossier du Sahara occidental empoisonne les relations entre le Maroc et l’Algérie depuis plus de trente ans. Quelle est la position de la Mauritanie ?
Elle est claire : nous nous en remettons à l’arbitrage des Nations Unies.
A ce propos, le représentant du secrétaire Général de l’ONU, Peter Van Walsun, a déclaré récemment qu’un Sahara indépendant n’était pas une proposition réaliste. Comment réagissez-vous ?
J’ai pris note de ces déclarations et j’en tiens compte…
Vous intéressez-vous à l’élection présidentielle américaine ?
Évidemment. Je peux même dire que je suis rassuré par le déroulement des primaires démocrates. Une femme et un noir se disputent une place en finale, si je puis dire. C’est une révolution !
Comment envisagez-vous vos relations avec la France ?
Elles sont très bonnes et le resterons. Le Président Sarkozy, lors de notre rencontre en octobre dernier, a manifesté un appui indéfectible à notre expérience démocratique. La France nous soutien. Plus d’ailleurs que ce que nous attendions d’elle. Elle a même tenu à nous associer à son projet d’Union pour la Méditerranée, avec lequel nous sommes d’accord. Même si nous attendons une définition plus précise de ses contours.
Vous avez donc digéré l’épisode de l’annulation du rallye Paris Dakar ?
Oui, même si j’ai regretté la médiatisation qui a été faite autour de cette affaire et qui a terni l’image de mon pays. Mais ce genre de chose arrive, malheureusement.
Mouammar Kaddafi avait qualifié, en mars 2007, les mauritaniens de « bédouins pauvres et fatigués » et raillé le système démocratique du pays mis en place « sous la pression occidentale ». La nature de vos relations semble démontrer que vous n’êtes pas rancunier…
Vous avez bonne mémoire.. Un peut trop ! Sérieusement, Kaddafi a toujours été attaché à mon pays et, surtout, à ses valeurs. Il a connu, disons, des difficultés avec quelques dirigeants mauritaniens. Nous nous voyons régulièrement et ces problèmes sont dépassés. Je dirais même que nos relations sont excellentes. Mais il est vrai que nous partons de loin.
Jean Ping vient de succéder à Alpha Oumar Konaré à la tête de la commission de l’Union africaine. Qu’attendez-vous de lui ?
Tout simplement qu’il règle les problèmes soulevés par le Président Konaré. Si nous voulons cette unité africaine, il faut s’en donner les moyens.
Quel personnalité vous a le plus marqué ?
Moktar Ould Daddah.
Le pouvoir grise, dit-on. C’est comme une ivresse, une drogue. Avez-vous changé à son contact ?
Franchement, cette drogue dont vous parlez n’agit pas sur moi. Par contre, je suis beaucoup plus sujet au stress !
Propos recueillis par Marwane Ben Yahmed, à Nouakchott Jeune Afrique
Le nouveau gouvernement ! mai 12 2008
Infos : , 25commentaires
Nouakchott, 11 Mai (AMI)- La présidence de la république communique : par décret en date ce jour sont nommés, sur proposition du premier ministre : Ministre de la justice : Yahya Ould Sid’El Moustaph,
Ministre des Affaires étrangères et de la coopération : Cheikh El Avia Ould Mohamed Khouna,
Ministre de la défense nationale : Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine,
Ministre de l’intérieur : Mohamed Yehdhih Ould Moctar El Hacen,
Ministre de l’économie et des finances : Abderrahmane Ould Hamma Vezaz,
Ministre de l’enseignement fondamental et secondaire et de la lutte contre l’analphabétisme : Nebghouha Mint Haba,
Ministre de l’enseignement supérieur : Mohamed Mahmoud Ould Seydi,
Ministre des affaires islamiques et de l’enseignement originel : Dahane Ould Ahmed Mahmoud,
Ministre de l’emploi, de l’insertion et de la formation professionnelle : Habib Ould Hemdeit,
Ministre de la santé : Mohamed Ould Mohamed El Hafedh Ould Khlil,
Ministre du pétrole et des mines : Kane Mustapha,
Ministre des pêches : Assane Soumaré,
Ministre du commerce et de l’industrie : Salma Mint Tegueddi,
Ministre de l’artisanat et du tourisme : Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil,
Ministre de la décentralisation et de l’aménagement du territoire : Yahya Ould Kebd,
Ministre de l’agriculture et de l’élevage : Corréra Issagha,
Ministre de l’équipement, de l’urbanisme et de l’habitat : Mohamed Ould Bilal,
Ministre des transports : Bebaha Ould Ahmed Youra,
Ministre de l’hydraulique et de l’énergie : Mohamed Ould R’zeizim,
Ministre de la Culture et de la Communication : Mohamed Ould Amar,
Ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration : Moustapha Ould Hamoud,
Ministre chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile : Sidney Sokhona,
Ministre chargé de la promotion Féminine, de l’Enfance et de la Famille : Fatimetou Mint Khattri,
Ministre chargé de la Jeunesse et des Sports: Mohamed Ould Berbesse,
Ministre Délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Environnement : Dahmoud Ould Merzoug,
Ministre Délégué auprès du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération chargé du Maghreb Arabe : Mohamed Lemine Ould Nati,
Secrétaire général du Gouvernement : Bâ Abdoulaye Mamadou,
Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de l’Economie et des Finances chargé du Budget : Sid’Ahmed Ould Rayes,
Secrétaire d’Etat chargé des Mauritaniens à l’Etranger : Mohamed Ould Mohamedou,
Secrétaire d’Etat chargé des TIC : Abdallahi Ould Ely Ould Benane. AMI
L’armée consultée, bonjour la Turquie! mai 9 2008
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Le Premier Ministre Yahya Ould Ahmed Ewaghev a reçu, aujourd’hui, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, chef d’État Major particulier du président de la République. Cette rencontre, s’inscrit dans le cadre des concertations en vue de la formation du nouveau gouvernement.
Des sources bien informées ont affirmé que le général Ould Al Ghazwani était aussi à la Primature. Des mêmes sources ont affirmé à Points Chauds que les deux généraux étaient consultés à propos du portefeuille du « ministère de l’intérieur et de la sûreté d’État », une nouvelle structure qui devrait voir le jour avec les nouvelles restructurations envisagées.
Plusieurs personnalités politiques et cadres, dont, Beidjel Ould Hemmeid, Isselmou Ould Mohamed Vall et Hammoud Ould Mhammed étaient aussi concertés. Rappelons que Beidjel Ould Hemmeid, était ancien ministre des finances sous Ould Taya, occupe actuellement le poste de directeur de la CNAM. Hammoud Ould Mhammed, était ministre de la culture de la jeunesse et aussi ministre de la communication sous de Ould Taya. Hammoud Ould Mhammed est considéré par des observateurs, comme étant un cadre qui a prouvé ses compétences en matière de gestions, de renouveau et de la responsabilité politique.
Jusqu’à present M. Waghef a ainsi reçu depuis mercredi soir dans son bureau de la Primature à Nouakchott le bureau exécutif du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD-ADIL) dont il est le président et des représentants de la coordination du Mithaq Al Wihda (Charte de l’Union) constituée de partis de la Majorité présidentielle.
Il a également reçu les présidents des 5 formations de l’opposition, notamment le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) d’Ahmed Ould Daddah, l’Union des forces du progrès (UFP), le parti HATEM, l’Alliance pour la justice et la démocratie (AJD) d’Ibrahima Sarr et le parti TAWASSOUL (mouvance islamiste). Points Chauds
Un nouveau Maestro! mai 6 2008
Infos : , 20commentaires
M. Yahya Ould Ahmed El Waghef nommé Premier ministre
Présidence de la République communique:
Par décret en date de ce jour est nommé :
Premier ministre: Monsieur Yahya Ould Ahmed El Waghef.
AMI